Présentation


5.000 km entre la Californie et la Floride
en vélo à travers 9 états américains.

Départ officieux : Santa Monica (Los Angeles) pour récupérer de l'eau du Pacifique dans une gourde...
Départ officiel : Death Valley (Vallée de la Mort - Californie), désert mythique
Arrivée : Miami Beach (Floride) sur l'Atlantique
Direction : par le Sud : Phoenix, El Paso, San Antonio, New Orleans...
Dates : du 10 septembre au 1er octobre 2010 (si tout va bien !)
Coureur - Cycliste : Jean Michel MONOT
Accompagnateurs : Jean Pierre MARQUANT, Hervé LE MEUR
Conseillère alimentation et soins (à distance !) : Hélène Sillinger

jeudi 16 septembre 2010

Étape 02 - Au pays des indiens…

« De Baker à Bullhead »
231 km (réalisés !) – Départ 7h14 am
Une journée faite uniquement de longues montées et longues descentes, sous une chaleur forte (45°), dans la réserve nationale de Mojave, entouré de milliers de « Joshua Trees ». Arrivée à Laughlin – Bullhead sur le Colorado. Nous aurons traversé 3 états aujourd’hui : Californie, Névada et désormais Arizona.

« Le sport consiste à déléguer au corps quelques-unes des vertus les plus fortes de l'âme » (Jean Giraudoux).

SPECIAL DEDICACE
Avant de vous conter la 2nde étape, je tiens à faire une dédicace aux personnes qui ont tenu à m’encourager et me soutenir dans cette aventure.
Pour la 1ère étape (Furnace Creek à Baker) : Virginie ma tendre épouse - Pauline, Maeva et Alizée mes trois amours de filles – Annick ma Maman chérie - Loic Lecottier et Stéphanie Van Coppenhole – Christophe et Cécile San Augustin (Christophe m’accompagnait sur la Furnace Creek race) – Jean Pierre Marquant, mon collègue dans cette aventure, car la Death Valley est son domaine) -Wilfried Turcon, le pilote commandant de bord sur ATN et ami.

Pour cette 2nde étape (Baker – Bullhead City) : Alice Antz et Dominique Auroy – Toute ma famille du côté de ma mère : Nicole et Jean Luc Trollé, Jérome et Carmen Delmotte, Laurent et Astrid Delmotte, Jean-Pierre et Geneviève Delmotte (Mamie,pour toi c’est pour demain !) – Régis Vignal et Céline

Baker – Kelso – Cima – Nipton – Laughlin - Bullhead
Lundi matin 7h14, 13 septembre, Baker.
Après une nuit trop courte (4h de sommeil), je décide de partir tôt afin de profiter d’une température clémente. Baker (qui possède le plus haut thermomètre au monde !) se réveille doucement. J’emprunte le pont au dessus de la Highway et entre ainsi dans la Réserve Nationale de Mojave. La moindre ligne droite fait au moins 5 km de long. Le soleil éclaire les montagnes érodées qui m’entourent, à droite et à gauche. Le décor est très western. Vers le 20ème km j’aperçois mon 1er Joshua Tree (on en croisera des millions sur le reste du parcours). La route commence à se dégrader sérieusement ; ce sera ainsi jusqu’à Kelso, un véritable « Paris – Roubaix ». Les vibrations se répercutent sur les bras et les mains. La température monte à 45°C. et les longs faux plats montants obligent à donner le meilleur de son mental. A Kelso, j’aperçois mes compères perchés sur le toit du RV, tentant de réparer la climatisation. Sans succès. Je continue ma route, longeant la ligne de chemin de fer où l’on croise tous les ¼ d’heure un « long-train » de près de 2 km. Après une dernière longue montée, j’atteins enfin le hameau perdu de Cima. Le camping-car est bien là. Je vais pouvoir refaire le plein d’eau citronnée, d’eau avec Active Balance (contre les toxines) et de l’eau avec Minéral Drink. J’en aurai bu plus de 10 litres ce jour. Je repars, accompagné par Jean Pierre. Nous allons prendre une descente de près de 20 km. Quel plaisir ! Le compteur oscille entre 45 et 50 km/h. Cela me redonne du baume au cœur après une longue matinée très chaude sur une route défoncée. Le paysage évolue, mais est toujours aussi désertique. La fin du voyage sera une succession de grandes montées et d’immenses descentes. Ainsi, la cadence augmente et j’atteins Laughlin et Bullhead plus vite que prévu, justa à la tombée de la nuit. Quelle belle journée ! 231 km avalés. Mais la fatigue est bien présente ; la climatisation de notre RV ne fonctionne donc pas. J’ai besoin de récupérer. Hervé et JP vont donc prendre la décision de réserver une chambre dans un hôtel de la place. Ainsi, la nuit sera réparatrice…
Je laisse Jean Pierre vous donner ses ressentis sur ce début de course.
A très bientôt








Commentaires de Jean-Pierre Marquant
Baker,13 septembre 2010,
Il est 7H10 du matin et J.Michel part vers Kelso, autant dire le trou du luc du monde. Quant à nous notre mission est d’envoyer tous les emails vers Tahiti bien au pays de Bill Gates ça ne passe pas ! Nous faisons plusieurs cafés sans succès, enfin dans un motel qui a la wifi la réponse tombe : pas de connexions depuis une semaine, car il n’y a qu’un opérateur : AT and T et il est out !
2ème problème: Hervé a cassé la clé qui ouvre tous les coffres extérieurs. On avait pourtant signalé au loueur que les fermetures étaient difficiles. Dans le resto grec que nous avons squatté la gentille serveuse nous indique un réparateur qui est capable d’ouvrir n’importe quelle serrure. On attend qu’il ouvre et nous dit : je ne touche pas aux camping cars loués, mais je vous appelle un serrurier: le gus ne revient pas avant 3 heures de l’après midi !I n’y a plus qu’à aller au market du coin pour faire le plein de liquides. J’essaye de parquer le monstre et j’entend un grand crraac ! Jackpot ! C’est la climatisation qui culmine à plus de 4 mètres qui vient de se faire le haut vent du magasin . Bon on essaiera de réparer çà plus loin.
On double JM qui se bagarre contre le vent sur une route pourrie qui lui renvoie toutes les vibrations dans le corps .Bien sûr on rate la piste qui va vers Cinder cones - ce sont de petits cratères qui se sont formés il y a dix mille ans lors de plusieurs éruptions - pas trop de regrets car c’est une piste pur 4X4 et impraticable pour nos vélos de route. Arrivés à Kelso on rencontre un type sympa qui s’occupe des signaux du Santa Fé express. Il a absolument tous les outils dans son camion. Sur le toit avec Hervé on démonte le capot qui est complètement enfoncé et on le redresse à coup de savates, par contre l’intérieur est méchamment abimé. On redresse comme on peut le ventilateur et l’on fait un essai qui s’avère catastrophique. Coupe tout hurlai-je à Hervé, le ventilo est en train de s’éplucher contre le support. Bon on remballe tout et il faut continuer.
Pour revenir à hier soir, arrivé à Hot Springs j’avais interviewé le responsable des bains publics
1 ère question : vous en avez bu ? « Moi jamais, il y a du chloride dedans certaines personnes sont tombées malades ; désolé. Pour ma part je l’ai trouvé excellente, pleine de sels minéraux.
2ème question : ça serait bien quand on sort de cette eau à 104° F (40°), on puisse passer sous une douche froide. On me répond : malheureusement on n’a que de l’eau chaude .Tant pis.
Je demande à 2 américains entrain de mariner si il n’y a pas un meilleur endroit dans la nature pour se tremper. Yes me répond t’il, à un mile, il faut prendre Furnace Creek road , il y a un palmier avec en dessous une source , mais il faut faire attention, l’endroit est hante par une sorte de taon très agressif qui, quand il vous attaque, vous arrache un bout de viande. Heureusement nous avons été épargnés par cette terrible bestiole.
Bon après le bain, il faut reprendre la route qui est encore fort longue pour Jean Michel, qui a décidé de rouler de nuit, il sort son équipement réfléchissant et on le laisse partir.
Au redémarrage du R.V un bruit insolite se fait entendre. Zut on a crevé et le responsable de la location à Las Végas qui nous a dit qu’il faut l’appeler car il n’y a pas d’outil à bord, le camping car est trop lourd (plus de 6 tonnes). Je descends et fais le tour. Non rien d’anormal-nouveau bruit inquiétant, c’est un caillou triangulaire qui s’est coincé entre les roues jumelées à l’arrière. Tous nos efforts seront vains pour le retirer. Il faut retourner à Shoshone pour trouver de l’aide.
A l’intersection Hervé fait signe à une voiture qui s’arrête « vous avez des outils adéquats pour décoincer le sale caillou? », il s’allonge en dessous et utilise plusieurs crochets et marteaux, heureusement qu’il a une barre à mine (c’est un prospecteur) et grâce à elle, le caillou sera éjecté OUF
On double JM dans la nuit noire et gagnons Baker qu’il atteindra complètement calciné vers les 11 heures du soir. On s’est parqué sur un truck stop à côté d’un resto grec près du plus grand thermomètre du monde - il doit faire dans les 30 mètres et indique 98 ° farhenheit soit dans les 35 °On va diner grec et bosser sur les PC pour mettre nos amis au courant. J.michel nous demande chaque soir nos appareils photo pour faire la sélection des prises, et là : grosse angoisse - la camera a disparut. J’ai dû la laisser sur le banc à Tecopa spring ! Tout le départ de Furnace Creek est dessus ! Là, je suis très mal on pense même à faire demi tour mais en plus des 200 bornes, on n’est pas sûr de la retrouver vu qu’il il avait d’autres personnes. Je n’arrive pas à me souvenir si je l’ai ramassé avec la serviette - nous avons tellement d’appareils et de cordons que l’on passe son temps à chercher l’un ou l’autre. Hervé mû soudain par une inspiration se met à plat ventre et la découvre sous le siège passager! Je l’embrasse de soulagement. On va pouvoir dormir tranquille quoique JM est tellement fatigué qu’il va avoir du mal à trouver le sommeil.
J’ai essayé d’appeler Vanina par une carte internationale et malgré tous mes efforts, la communication n’est pas passée, ceci pour vous dire que l’amérique de l’oncle Sam n’est pas si au point de çà !
Je reviens aujourd’hui et nous nous sommes donné rendez-vous à Cima, un bled sans presque âme qui vive mais où passent des trains lourdement chargés. nJe m’équipe pour accompagner JM. Il est mort de soif et à souffert dans cette montée interminable. Nous allons faire une superbe descente de 25 kilomètres à près de 60 de moyenne. Je fais mes 60 kilomètres dans la journée pendant que JM va en engranger plus de 200 jusqu’à Laughlin , frontière du Nevada et de l’Arizona sur le Colorado. Il nous faut absolument trouver un serrurier et une connexion internet Il est 18 H 30 et nous n’aurons ni l’un ni l’autre ! Hervé a de plus en plus mal aux yeux et JM voudrait bien se faire masser - nous allons prendre une chambre au Riverside Casino sur les bords du Colorado car il fait une chaleur incroyable : 45° et dans le RV c’est encore pire, la clim ayant rendu l’âme.
Mardi 14 On part à la recherche du serrurier qui va nous sauver -du coup on fait refaire toutes les clés en triple - ensuite grâce à lui nous allons dans une bibliothèque publique qui, ô miracle a internet sans problème ! Reste plus qu’à trouver un réparateur pour toutes les pannes que nous avons depuis plusieurs jours, à savoir : non accès à tous nos rangements, la télé et le CD off, le micro ondes idem, la douche et l’eau sur l’évier inexistante, le matelas gonflable de la chambre à JM à plat, les prises HS, les phares trop bas, le lecteur de CD qui ne nous rend pas les galettes… Cela commence à faire beaucoup. Et l’on va trouver le long de la 95 le garage idéal qui va (presque) tout nous réparer. Ce qui va prendre du temps, on s’en prend pour mille dollars en espérant qu’ils vont nous rembourser à Miami. Pendant ce temps JM roule dans une chaleur d’enfer. Nous allons le retrouver au début de la interstate 40 interdite aux cyclistes et le redéposer sur la 95 qui nous mène sur les bords du lac Havasu. Petit stop lunch et piquage de tête pour tous dans une eau presque chaude. J’ai décidé d’accompagner notre biker fou car je tiens à faire mes 50 bornes par jour. On roule sur les bas-côtés en file indienne et tout va bien jusqu’à la première crevaison. C’est incompréhensible, car le spécialiste de la boutique de Las Vegas lui a mis du coton autour de la valve pour éviter cette panne - 5 kms plus loin : rebelote ! Jamais 2 sans 3 me dis-je. Ca arrive en pleine montée et là, alors que nous nous escrimons à changer la dernière chambre, nous voyons une voiture faire un U-turn devant nous puis un autre pour nous aborder : c’est un couple âgé qui vient de faire une manœuvre risquée pour nous porter secours - en même temps un puissant 4X4 fait la même chose ! Tout va bien les gars ! Plutôt sympas ces américains ! Hervé doit nous attendre à Parker 50 kms devant et la nuit qui tombe ! On sort les leds et le gilet réfléchissant et nous pédalons dans la nuit noire avec un sentiment de plénitude rarement ressentit : il fait encore très chaud et quand on descend pour passer une rivière la fraicheur et des odeurs de verdure nous remplissent les sens - JM chante à tue-tête, on pédale presque sans efforts à un bon 30 de moyenne malgré des pentes interminables. Nous avons perdu presque une heure en réparation et quand nous arrivons vers les 9 heures du soir à Parker, Hervé commençait à être inquiet. On va vers un Best Western hôtel pour se connecter Internet :pas possible. Bon, maintenant que la clim est neuve on va passer la nuit sur un parking. Incroyable, elle ne marche pas, ainsi que les prises - là, on commence à douter de l’Amérique. Que fait-on ? JM veut manger des pâtes, le reste il s’en fou. C’est à ce moment que sur le parking éclate une bagarre avec des ivrognes et 2 demoiselles de petite vertu - les flics débarquent peu après - aller, on se casse !j’ai repéré un RV camp au début de la ville, il est près de minuit, allons y ! Nous branchons la grosse connexion et là, miracle, la clim démarre, les prises sont OK. C’est super.
Le lendemain, mercredi 15 on se retrouve devant le Colorado, nous avons l’eau courante, vite , une grosse lessive service petit déjeuner sur la table camping - tout va mieux. JM nous quitte à 7 heure moins dix pour aller vers Bouse - Ca ne s’invente pas, les habitants doivent s’appeler…..au téléphone. Je vais payer mes 25 dollars de stationnement et j’apprends qu’il y a la Wifi gratuite. Si vous recevez ce texte ce sera grâce à eux.

1 commentaire:

  1. Hello.
    Moi qui m'y connais plus en avion qu'en vélo, "3G", c'est quand même pas le voile noir ???
    Je suis au millimètre près le périple et tire déjà mon chapeau aux exécutants . Bravo et courage pour le reste. Ah si seulement on pouvait se télétransporter , j'aurais bien aimé bricoler un peu le char. Bonne continuation: on pense fort a l'entrepreneur de cette folle aventure et à ses équipiers.
    François de Rochefort sur Loire

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