« De Alamogordo à Carlsbad North »
9ème jour : 236 km (179 km réalisés) – Départ 9h30 am
Une journée a deux vitesses et à deux décors bien différents : tout d’abord la haute montagne avec ses odeurs, sa montée, son col et sa descente (j’adore cela !) et ensuite la plaine, ses longues lignes droites orientées sud-est et toujours accompagnées de ce vent de face.
Le mental a dû souvent intervenir sur la seconde partie du parcours !
« Là où il y a une volonté, il y a un chemin"... C'est tout droit !!!! » (M.P)
SPECIAL DEDICACE
De Alamogordo à Carlsbad : pensées à Victor et Marie Lau
Parcours : Alamogordo – Cloudcroft – Hope – Artesia - Carlsbad
Préambule :
D’un commun accord, nous avons décidé de modifier notre itinéraire. En effet, la dangerosité actuelle rencontrée lors de notre passage à la frontière mexicaine nous amène à choisir une route plus au Nord. Cela va certainement rallonger quelque peu la distance, mais ne change en rien l’esprit du trip ; au contraire même : c’est le signe d’une adaptabilité à une situation non prévue.
Initialement, l’étape numéro 9 devait repartir de El Paso. Nous démarrerons donc, ce jour, d’Alamogordo située au Nord, en direction de l’Est puis une trajectoire « Sud-Est » qui nous amènera dans quelques jours à la capitale du Texas « Austin » au lieu de San Antonio. Nous rejoindrons le parcours initial à Houston, après avoir rencontré des routes moins plates, mais plus diversifiées.
Vous pouvez suivre cet itinéraire en allant sur Google Map.
Lundi 20 septembre, départ 9h00 am.
Nous avons trouvé un « RV Camp » très sympa à Alamogordo, situé juste après les fameux White Sand que nous avons visités : commodités et douches chaudes ( ! ) et surtout wifi pour nous permettre de vous envoyer mails et nos impressions. Ainsi, nous décollerons du camp tardivement, vers 8h30. Après avoir fait quelques courses, je me prépare à attaquer cette journée pas ordinaire : l’ascension d’un col de 25 km avec des pentes qui rappellent celles des Alpes, dans la majestueuse « Lincold National Forest ».
Jean-Pierre a décidé de m’accompagner dès le départ. Nous partons assez tardivement (9h30) ce qui signifie que la distance à parcourir n’atteindra pas les 230 km prévus. Il fait très beau comme depuis le départ, mais la température n’est plus aussi étouffante qu’il y a quelques jours. On sent la proximité de la montagne. On l’attaque aussitôt. La montée est magnifique ; elle me rappelle les routes alpestres, verdoyantes, avec un tunnel, des fleurs, des fruits (Pommes, pêches, etc), des animaux (Mouflons, moutons, vaches…) et bien entendu de nombreuses maisons et échoppes au style… américain. L’air est de plus en plus frais, mais l’effort important nous fait transpirer ; attention à ne pas prendre froid ! Je mettrai un peu moins de 1h45 pour atteindre le sommet situé à plus de 2.800 m d’altitude et franchir les 25 km. La même distance dans la descente du col prendra moins d’une demi-heure : mon compteur indique une vitesse allant entre 45 et 60 km/h. Mais mon plaisir intense de ces trois premières heures prendra fin lorsque, sortant de la Lincold Forest, je retrouve ce satané vent de face. D’une vitesse moyenne de 30 km/h, je passe entre 20 et 25 km/h. Jean-Pierre a fini sa montée avec courage et après s’être « défoulé » dans la descente, il remonte rejoindre Hervé dans le RV. Spécialiste de sports où le vent a son importance, il me confiera que des pointes à 15 nœuds et plus viennent me ralentir. Après Hope, la lutte devient infernale, voir inégale. Puisque nous redescendons plein Sud (peu d’incidence sur l’avancée vers l’Est et surtout parcours rallongé par rapport à l’initial), Jean-Pierre me propose de me redéposer un peu plus loin. Je roulerai alors jusqu’à Carlsbad jusqu’avant la nuit pour réaliser environ 180 km avec du « super » (la montagne) et du « rallant » (plaine avec vent de face). Heureusement, le « breton » est têtu et n’abdique pas aisément !
A Carlsbad, Hervé et Jean Pierre vont « dégotter » un RV Camp tout proche des cavernes de Whites City. Ils iront les visiter demain pendant que je rejoindrai le Texas en espérant faire une meilleure distance dans des conditions plus favorables.
Mais l’essentiel est que je me sens toujours bien, malgré les efforts et le peu de récupération.
Bonne journée. A demain.
Jean Mi
Commentaires de Jean Pierre Marquant :
DU CHIRICAHUA NATIONAL MONUMENT A ALAMOGORDO (NOUVEAU MEXIQUE)
Aujourd’hui, nous avons décidé d’un nouveau plan d’attaque dans l’angoisse : passer coûte que coûte à travers ces montagnes dont la seule piste de terre nous est interdite , terriblement sinueuse et grimpant à 2400 mètres. De très bonne heure on s’est octroyé une grimpette de 9 kilomètres sur une excellente route goudronnée qui nous mène à Echo Canyon. Il fait frais , le soleil arase des formations de rocs en cheminées donc certains semblent sur le point de tomber. Hervé est parti en reconnaissance , et revient pout nous dire que le passage est impossible par le haut. C’est pas grave, mais il faut vite redescendre pour attaquer la piste interdite. On s’arrête au visitor bureau qui nous confirme ce que l’on sait déjà. Le détour fait près de 200 kilomètres : hors de question ! C’est parti. Pourvu que l’on ne rencontre pas d’autres véhicules sur les 32 kilomètres du parcours. Nous arrivons au col sans trop de difficultés, après quelques manœuvres dans les épingles à cheveux et commençons notre descente vers Portal. On est sale et le ventre vide quand un petit torrent nous tend les bras : hop, vite un bain bien glacé agrémenté d’un copieux breakfast pour chasser l’anxiété et tout va mieux. JM ne fera pas la descente, trop dangereuse avec son vélo de route. A Portal, je l’accompagne sur 80 kms et Hervé fait ses 20 bornes pour réduire sa conso de cigarettes. En roulant nous avons aperçu beaucoup de Border Patrol Cars qui tractent de gros pneus pour détecter d’éventuels traces de pas car la frontière n’est qu’à 2 miles. D’étranges appareils sur pieds sont munis de caméras thermiques et d’antennes bizarres ressemblants au lunar orbiter et sont orientés vers le Mexique. En roulant on voit deux véhicules de gardes frontière arrêtés en plein milieu de la High way en train de papoter .Ils redémarrent à notre approche, il faut dire que cette route est peu fréquentée , une voiture sur 3 est de l’armée, de la police ou de la patrouille des frontières ! Colombus (qui n’a rien à voir avec la capitale de l’Ohio ) - est un trou sans nom mais qui a l’énorme avantage d’avoir un RV camp tenu par une mamie affable qui nous demande 12 dollars pour le full hook up : eau, électricité, machines à laver (on va en faire 4 ) douches - assez crades et surtout connection wi-fi .
Le lendemain, je parcours à vélo les 6 rues du bled pour trouver du pain : le seul store de 10 m2 va ouvrir vers les 8 heures. Je m’approche d’une voiture de police en stationnement et demande à l’officier si l’on peut se rendre à Las Palomas qui est à 5 kilomètres plus loin, côté Mexique. Dans la journée ça va à peu près mais n’y rester surtout pas le soir, 4 américains se sont faits égorgés la semaine dernière, et à votre retour vous serez fouillés pour voir si vous ne ramènerez pas de drogues !!
Bon, pendant que Jean-Michel va attaquer une monstrueuse ligne droite de 110 kilomètres sans RIEN et comme toujours face au vent, nous allons remettre un peu d’ordre dans le mobile home et faire un grand nettoyage car la poussière s’est infiltrée partout et des milliers de crickets sont venus s’écraser contre le devant du camion. Ils y en a même sur les marchepieds ! Au fait, ça se mange ces bestioles là ?
On va le retrouver un peu avant Santa Thérésa et nous allons rouler ensembles escortés par 2 convois de l’US Army dont un est précédé par un hélico : c’est l’Afghanistan ici ! Le car commander s’est arrêté est nous avons pu discuter quelques minutes avec des hommes revêtus de gilets pare balles de viseurs laser sur la tête et de tenus de camouflage du plus bel effet .
A El Paso, ville frontière US et presque jumelée à Ciudad Juarez, l’une des agglomérations les plus dangereuses de la planète avec 2500 meurtres annuels au bas mot - nous refaisons le plein de tout avant de remonter vers notre nouvel itinéraire qui va nous conduire aux White Sand Dunes et Almogoro pour passer au travers du Lincoln National Forest.
Ce sable blanc comme de la neige est dû au gypse qui le compose et nous allons cavaler dedans en faisant de beaux clichés avec le soleil couchant à l’ouest et la lune à l’opposé. On arrivera comme de coutume dans la nuit dans un endroit sympa et l’on se branche sans que personne ne nous demande rien. Quelle confiance ces américains ! Si nous décidions de partir avant 8 heures personne n’en saurait rien. J’ai omis de vous dire qu’avant d’arriver au White Sand Monument, nous avons été tentés par la base de fabrication et d’essais de missiles sur la même route. Bien qu’elle ne soit accessible qu’aux personnes autorisées ils nous ont laissé entrer pour photographier leurs vieux joujoux qui n’ont assurément plus court. Ils ont même fait marcher... une soucoupe volante - c’est vrai que l’on n’est pas très loin de la ville de Roswell ! - L’Amérique insolite est partout, il suffit de s’en donner la peine ! D’être « Aware » comme dirait Jean-Claude Vandam
JP MARQUANT














Allez Jean Michel ! Une Grande pensée pour toi et tes deux amis. Je t’embrasse du pays du soleil levant. Bravo et encore plein de bonnes choses… Biz de ns 4. Wilfrid
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