« De Oracle à Chiricahua »
6ème jour : 226 km (191 réalisés) – Départ 8h30 am
Une journée totalement différente de ce que nous avons vécu jusqu’alors : les routes de contournement sont souvent des « durty road » aux Etats Unis. Résultat : j’ai dû emprunter une piste pendant près de 90 km, dans un décor hollywoodien. Une galère due au sable mais ô combien excitante et originale. Et puis l’arrivée sur les montagnes de Chiricahua fut magique sous le coucher de soleil.
« L’éducation n’est pas autre chose que l’art de conduire les hommes vers la droite raison. Son devoir est de fortifier le corps autant qu’il se peut et de mener l’âme à son plus haut degré de perfection. » (Platon)
SPECIAL DEDICACE
De Oracle à Chiricahua : pensées à Hinarai Rouleau – Hubert et Deanna Viaris de Lesegno
Parcours : Oracle – San Manuel – Redington – Cascabel – détour par Benson – Pearce – puis Chiricahua Monument.
Vendredi 17 septembre, 8h30 am.
Quelle bonne nuit ! Jean Pierre nous a découvert un campement dans la forêt située à 15 km au sud d’Oracle. Nous avons eu enfin une nuit fraiche, sans climatisation, donc sans bruit. Que du bonheur !
Après s’être lavés dans la nature, nous ressortons de ce camp, puis j’enfourche le vélo pour San Manuel. Pendant ce temps, mes compères vont aller visiter cet incroyable centre d’expérimentation de Biosphère 2 (Jean Pierre vous racontera leur visite originale).
Arès mettre arrêté à la station service de San Manuel pour me rassurer sur la bonne direction à prendre, j’emprunte une longue ligne droite qui va me mener… à une piste non goudronnée, avec une indication non négligeable : « No pavment next 50 miles », ce qui signifie pour les non-initiés « pas de goudron avant les 80 prochains km » !!! Que faire ? Faire demi-tour, retourner 30 km plus loin à Biosphère 2 pour expliquer le problème à mes accompagnants ? Non ; je décide d’assumer mon choix de parcours et d’essayer de rejoindre « Chiricahua National Monument » 200 km plus loin. C’est parti, sur une piste caillouteuse et glissante, le long de la rivière San Pedro. Mais le décor est féérique : des cactus géants de chaque côté ; il s’agit des fameux « saguaros » ; ce genre de cactus est monotypique : il ne comprend qu'une seule espèce et n’est présent qu’en Arizona.
Durant les 5 heures que je vais mettre pour sortir de cette « nasse », je vais croiser en tout et pour tout 3 motos et 5 voitures ; par contre, personne qui ne se dirige dans le même sens que moi ! (Je vous avoue que j’aurai fait du stop, même si c’est interdit à cause des dealers !). Outre les cailloux, la traversée de nombreux radiés, je vais bien vite être confronté à des zones sableuses. Je vais éviter une bonne centaine de fois la chute, mais vais souvent devoir déchausser et pousser le vélo à pied. La chaleur est à nouveau bien présente et dépasse allègrement les 43° (Nous allons apprendre par des locaux qu’il s’agit d’une fin d’été exceptionnelle et qu’il y a bien longtemps que les habitants de toutes ces régions traversées n’ont vécu une telle température). Toutes ces heures passées seul avec mon vélo et mon sac à dos, dans des conditions non prévues et difficiles, vont finalement me donner un moral d’acier. Ce nouveau défi me motive et je continue sans fléchir. Je passe devant Redington (2 ranchs !) et continue direction Benson. Logiquement, je devrai arriver à Cascabel d’ici 40 à 50 km…
Durant ces heures qui resteront longtemps gravées dans ma mémoire, je vais croiser de nombreux oiseaux dont beaucoup de rapaces, des vaches, des chevaux magnifiques, des ânes et… un Rattlesnake de bien 70 cm, mais semble-t-il mort sur le chemin. C’est en allant à la rencontre de 3 hommes qui assurent le nettoyage de la région (Art, Francisco et Georges) que je vais apprendre que même mort il ne faut jamais toucher un serpent à sonnette (car c’est bien de cela dont il s’agit !) avec les mains. Je vous rassure : je n’ai jamais eu l’intention de le caresser ! Art va me remettre les fameux anneaux d’un même serpent en m’expliquant que c’est un porte-bonheur ; quand il a appris mon périple, il a souhaité en effet me faire un cadeau. En échange, il demande à ce que je lui envoie une carte postale depuis Tahiti. Par contre, tous les trois insistent pour que je ne continue pas vers Willcox après Cascabel car la piste est tout aussi sableuse ; ils me conseillent d’aller sur Benson.
Je repars en me disant que Jean Pierre et Hervé savent que je dois aller sur Willcox. En arrivant à cette intersection, je décide de continuer le chemin initial afin d’éviter de nous égarer (dans ce pays où les connexions téléphoniques ou internet sont si compliquées). Je décide donc de matérialiser mon passage par des pierres afin de rassurer mes collègues… Mais le doute commence à m’envahir : en voyant la piste, n’ont-ils pas décidé de prendre une autre route avec le R.V. ? Je repars, mais bien vite, au bout d’un kilomètre, je m’aperçois que le sable est de plus en plus meuble. Le danger devient réel car la nuit risque de tomber avant que je n’arrive à Willcox. Je reviens donc sur mes pas, à l’intersection pour Benson. ½ heure plus tard, me voici soulagé : ils arrivent ! Nous allons décidé ensemble d’aller sur Benson. L’itinéraire va donc changer ; nous devons prendre la Highway pour rejoindre Pearce : le vélo est interdit sur ces autoroutes. Le RV va donc me conduire jusqu’au pied d’une descente magnifique qui nous mènera au pied des montagnes de Chiricahua ; nous vivons alors un magnifique coucher de soleil et c’est de nuit que nous trouverons un emplacement de choix dans un camp au beau milieu de la forêt.
La journée fut intense à nouveau, pleine de rebondissements et de surprises, mais n’est-ce pas aussi cela qui forge notre mental et nos bons souvenirs ?
Nous nous endormons tous trois avec de images fortes plein les têtes…
Ce soir, j’ai dépassé les 1.200 km…
A demain.
Jean Mi













Mon Papou!! Je te suis chaque jour dans ton aventure!! C'est génial! Tu n'as pas lu mon commentaire du 15 septembre!
RépondreSupprimerJ'halucine le camping car que tu as loué! T'aurais voulu plus grand t'aurais pas trouvé!
Si tu te sens fatigué lève le pied, ne force pas. J'aurais adoré être avec toi dans cette aventure, je crois que je regrette un peu de ne pas le vivre.. Ta prochaine traversée de continent, on se le prévoit bien longtemsp à l'avance!
Je te fais d'énormes bisous père du farwest!
salut jean-mi
RépondreSupprimerla Calédonie te regarde et t'admire ;tu m'épateras toujours
s'il te reste du courage en fin de périple, retraverse dans l'autyre sens et on se retrouve à hawai le 9 octobre !!
courage et encore bravo
fred