Toute bonne chose a une fin… et inversement !
Vous aurez, je l’espère, apprécié les citations qui venaient, chaque jour, apporter une petite note spirituelle à chaque commentaire. Voici donc les dernières que je vous offre, en corrélation avec ce que j’ai pu ressentir et apprécier durant ce périple :
« Celui qui a senti une fois dans ses mains trembler la joie ne pourra plus jamais mourir » (José Hierro)
« La joie partagée grandit » (Massa Makan Diabaté)
« Un homme seul ne peut rien, il lui faut l'appui de ses semblables pour arriver là où il doit aller » (Victor-Lévy Beaulieu)
« On peut tout ce qui ne dépend que de notre volonté » (Marcel Proust)
« A l'impossible je suis tenu » (Jean Cocteau)
« Il y a d'admirables possibilités dans chaque être. Persuade-toi de ta force et de ta jeunesse. Sache te redire sans cesse : "Il ne tient qu'à moi" » (André Gide)
Si ces quelques citations ont réveillé en vous des velléités de voyages, de défis, de volonté de faire du sport (quelque soit votre niveau), alors je pourrai être entièrement satisfait.
Jeudi 7 octobre, Miami à Tahiti.
La première journée de repos, mercredi 6 octobre, a consisté à prendre possession de notre superbe chambre commune dans l’hôtel Tiffany (« The Hotel ») et surtout de profiter de la piscine située au 4ème étape avec vue sur l’Océan ! Une sacrée récompense, même si certains de nos RV Camps nous avaient apporté un bon confort (Jean Pierre souhaite d’ailleurs faire un guide des meilleurs RV Camps traversés !).
Le reste de la journée sera consacré aux préparatifs de nos affaires, aux billets retours pour Los Angeles et le surpoids des bagages, et à quelques emplettes dans Miami Beach. En soirée, nous aurons droit à une « visite by car » du tout Miami qui se terminera autour d’un bon repas.
Ce jeudi, c’est le classique ballet des voyageurs qui s’en retournent au pays : la queue au guichet pour l’enregistrement, la négociation pour le dépassement du nombre de bagages, le tour des boutiques en duty et l’attente dans la salle du même nom… Pas aussi passionnant que nos 25 dernières journées ! Heureusement, nos cerveaux sont remplis de souvenirs tout aussi beaux les uns que les autres : le voyage sera surtout un sommeil récupérateur envahis de « rêves réalisés »…
Ce même jeudi, nous atterrirons à Tahiti vers 21h30, accueillis par nos proches et nos amis, avec la joie de se retrouver, la joie de partager notre histoire, car ce furent vraiment des vacances pas ordinaires !...
Quelques jours plus tard…
La pression est retombée ; dès lundi, il a fallu reprendre le rythme du travail et retrouver une vie « normale ». Peu évident après un mois d’évasion et d’aventures sportives.
Je ne ressens pas une grande fatigue, juste l’obligation de me coucher plus tôt le soir. La balance indique que j’ai perdu entre 5 et 6 kilos (surtout du haut du corps). Tout le monde m’en fait la remarque. Je sais que je vais devoir m’entretenir si je ne veux pas reprendre des kilos superflus, mais je n’ai guère envie de rechausser les chaussures de sport immédiatement. Je vais m’organiser pour aller nager régulièrement.
Malgré le surcroit de travail qui m’attend au bureau, il me faut finaliser le road-book complet que je souhaite remettre à mes partenaires ; et aussi préparer les textes, photos et films qu’il faudra donner aux médias…
Mais ma préoccupation première est d’arriver à vous remercier ; je sais que ce ne sera pas facile car vous avez été très nombreux à me faire part, à nous faire part, de vos encouragements et félicitations. Je ne pourrai malheureusement pas tous vous répondre individuellement. Mais vous savez que mon cœur est avec vous et là est l’essentiel.
J’aurai donc parcouru exactement 4.800 km en 24 jours, dont 3 demi-journées de visite (White Sands, Austin et Houston) et une dernière journée symbolique (65 km). Mon objectif est atteint et j’en suis heureux car de nombreuses contraintes sont venues compliquer ce périple dont le temps était compté (retour impératif le 7 octobre) : la chaleur élevée pour cette saison et ce jusqu’au Texas, le rallongement du parcours pour des raisons de sécurité (frontière mexicaine) et surtout le vent d’est et de nord-est qui aura souvent freiné mes velléités. Mais les fabuleux décors, les découvertes d’animaux insolites, les bikers, l’amitié grandissante avec mes deux compères accompagnateurs auront eu gain de cause de tout. Le rêve est devenu réalité, sans réelles souffrances. Quel bonheur de découvrir de telles contrées. Les Etats Unis ont certes de nombreux travers (armes autorisées, violence, laissés pour compte, inégalités sociales…) mais c’est un pays ô combien attirant par sa diversité, sa biodiversité, ses contrastes, son gigantisme. J’aurai appris beaucoup de choses : sur moi bien sûr, sur Jean Pierre et Hervé, sur ces régions que je ne connaissais pas ou guère, sur l’histoire de ces Etats… Comme quoi, ce périple aura apporté bien plus qu’un défi physique.
Je tiens bien évidemment à saluer la performance de Jean Pierre Marquant dans cette aventure. Non seulement, il aura apporter son expérience de l’Amérique (langue, mentalité) mais aussi son sens de l’organisation et sa faculté à proposer des choix sans rien imposer : il connaît trop bien l’état d’esprit d’un sportif dans des efforts extrêmes comme ceux que j’ai vécu. Cela aura permis d’évoluer chaque jour sans réelle tension, avec des solutions pour continuer à avancer encore et toujours. Sa bonne humeur, ses réparties et ses blagues auront apportées une ambiance sympathique. Et c’est sur le plan sportif qu’il m’aura le plus impressionné ; je connaissais pourtant son palmarès, mais à presque 73 ans, dans un domaine qui n’est pas le sien (le cyclisme) avec un vélo « relique » (excuse moi JP !) il est parvenu à rouler 1.700 km à une allure incroyable, dans des conditions que vous connaissez. Je souhaite à tous mes proches, mes amis et à moi même, d’arriver à son âge avec une telle fraicheur et une telle « pêche ». Comme l’a dit sa compagne Vanina : « Cet homme là est un extra-terrestre ! ». En me disant que nous étions fait de la même trempe, il m’aura honoré.
Hervé Le Meur est un grand seigneur et breton de surcroit, ce qui aura encore plus favorisé notre rencontre. Non seulement il aura été un partenaire financier de premier ordre, mais en plus il aura participé de manière entière à cette aventure. Pas sportif, gros fumeur, il aura su s’intégrer totalement dans mon trip, avec les contraintes inhérentes : couchage précaire, conduite d’un énorme véhicule
(11 mètres – 6 tonnes) dans toutes les situations (villes, campagnes, pistes, forêts…), interdiction de fumer à l’intérieur, préparation des repas (avec Jean Pierre), vaisselle, lavage des linges, nettoyage, orientation… Bref, une humilité et une force de travail qui forcent le respect. Mais Hervé n’a pas voulu en rester là ! Avec Jean Pierre, nous lui avons proposé de participer physiquement à cette aventure, espérant ainsi l’inciter à réduire sa consommation journalière de cigarettes. Il a accepté ; il n’a cessé d’augmenter les distances à vélo, passant au début à 15 km pour finir à plus de 40. Résultat : il aura réduit de moitié sa consommation et surtout il nous a confirmé qu’il va acheter un vélo : il souhaite continuer à s’entretenir par la suite. Si nous lui avons passé ce virus, notre joie est complète ! Merci Hervé pour t’être intégré et adapté à un rythme de sportif qui n’était pas le tien.
(11 mètres – 6 tonnes) dans toutes les situations (villes, campagnes, pistes, forêts…), interdiction de fumer à l’intérieur, préparation des repas (avec Jean Pierre), vaisselle, lavage des linges, nettoyage, orientation… Bref, une humilité et une force de travail qui forcent le respect. Mais Hervé n’a pas voulu en rester là ! Avec Jean Pierre, nous lui avons proposé de participer physiquement à cette aventure, espérant ainsi l’inciter à réduire sa consommation journalière de cigarettes. Il a accepté ; il n’a cessé d’augmenter les distances à vélo, passant au début à 15 km pour finir à plus de 40. Résultat : il aura réduit de moitié sa consommation et surtout il nous a confirmé qu’il va acheter un vélo : il souhaite continuer à s’entretenir par la suite. Si nous lui avons passé ce virus, notre joie est complète ! Merci Hervé pour t’être intégré et adapté à un rythme de sportif qui n’était pas le tien.
Ce défi personnel est donc devenu une histoire d’équipe où chacun a donné le meilleur de lui même. C’est cela aussi le sport : partager son plaisir, ses joies, ses peines pour que le physique et le psychisme soient en harmonie.
Mon secret espoir désormais est que plusieurs d’entre vous aient cette volonté de monter un projet similaire ou bien tout simplement aient l’envie de se prendre en main et de pratiquer une activité sportive régulière. C’est ce message que nous avons passé aux Etats Unis ; nous le reprendrons ici en Polynésie où l’obésité et le diabète sont tout aussi développés, avec le soutien des clubs Rotary. Le sport, c’est la vie ! Chacun a son rythme.
A vous de jouer maintenant.
Jean Michel
Les commentaires de Jean Pierre :
Le retour :
Départ à 11 heures de Miami par American Airlines pour Los Angeles. Avec notre monstrueux excédant de bagages ( 12 valises et plus de 300 kilos ) on se demande comment nous allons nous y prendre. Après bien des palabres et négociations, nous faisons tomber le surplus du fret à 300 $. Ouf ! Surtout que les finances commençaient à être au plus bas ! Cinq heures trente plus tard, après avoir survolé sans fatigue nos vingt trois jours d’épreuves, nous atterrissons dans la cité des anges : Papeete n’est plus très loin.
Mais que dire de cette expédition ?
Tout d’abord, ça aurait pu clacher entre les 3 acteurs de cette aventure, vu que nous ne nous connaissions pas vraiment Hervé, Jean-Michel et moi. Ce fût tout le contraire, l’équipe se révéla complémentaire : Hervé adorait conduire, faire la cuisine, boire un bon coup et nous courir après dans un pays qu’il ne connaissait pas (Heureusement qu’il y avait « Juliette » la voix du GPS – qui lui joua quelques bons tours quand même). Quant à Jean-Michel, totalement concentré vers son but, il ne faillit jamais et, croyez-moi, il fallait bien du courage et une détermination sans faille pour partir, encore courbaturé de la veille, au petit matin pour des dizaines de miles sans assistance ( il nous fallait bien mettre les notes à jour, faire la vaisselle, le linge, ranger le bordel, déhaler le RV sans oublier une connexion qui aurait arraché le poteau – on a même pu démarrer avec l’extension de la salle à manger non rentrée ! encore une anomalie du loueur de Las Vegas !).
Pendant un mois, nous avons été hors de notre monde habituel, sans autre souci que d’atteindre l’étape suivante, boire beaucoup et se nourrir en proportion de l’énorme quantité de calories dépensées.
Pour mémoire, Jean-Michel a fait plus fort que les gars du Tour de France : 4800 kms en 23 jours à 50 ans, sans équipe de soigneurs ( pas de massage possible ; il l’a d’ailleurs bien regretté !), sans peloton dans lequel on peut rouler à 40 à l’heure sans presque un coup de pédale, n’ayant que ma petite carcasse pour le protéger de temps en temps du vent de face. On peut dire en conclusion qu’il a donné un wagon d’espoir à tous ceux qui se croient finis à cet âge là ! Il suffit de vouloir, c’est tout. Et puis si l’équipe a réussi au travers des médias et d’Internet à faire rêver quelques dizaines de personnes, on peut dire que l’on a réussi ce pari et que nous vous avons donné une bouffée d’oxygène dans un monde de moins en moins marrant.
Et puisque Jean-Michel aime les citations, en voici une ou deux :
- Si tu ne sais pas où tu vas, regardes d’où tu viens !
- Plus on vit vieux, moins on est mort longtemps.
- Le régime sans sel est meilleurs que le vélo sans selle.
- Si quand tu pédales, t’avances à reculons, alors, fais demi tour.
Jean Pierre




















































