Présentation


5.000 km entre la Californie et la Floride
en vélo à travers 9 états américains.

Départ officieux : Santa Monica (Los Angeles) pour récupérer de l'eau du Pacifique dans une gourde...
Départ officiel : Death Valley (Vallée de la Mort - Californie), désert mythique
Arrivée : Miami Beach (Floride) sur l'Atlantique
Direction : par le Sud : Phoenix, El Paso, San Antonio, New Orleans...
Dates : du 10 septembre au 1er octobre 2010 (si tout va bien !)
Coureur - Cycliste : Jean Michel MONOT
Accompagnateurs : Jean Pierre MARQUANT, Hervé LE MEUR
Conseillère alimentation et soins (à distance !) : Hélène Sillinger

lundi 4 octobre 2010

Étape 21 - « Quand la musique est bonne… »

« De Carrabelle à Williston (Floride) »
21ème jour : 286 km réalisés ! – Départ 7h30 am
Une longue journée au mental, sur des routes interminables entre des forêts de pins.
Mais une fin épique et amusante qui finalement permettra d’obtenir la 2nde meilleure distance du challenge.
Nous sommes désormais aux portes d’Ocala, proche d’Orlando et ses alligators, mais surtout proche de l’Atlantique que je vais essayer de rallier demain soir !

« Le sport est l'espéranto des races » (Jean Giraudoux)

SPECIAL DEDICACE
De Carrabelle à Williston : pensées à Teiki et Anne Richmond - Tonina et André Teissier – Rataro – Joseph Kahia – et tous mes amis marquisiens !
Parcours : Carrabelle – Panacea – Perry – Tennille – Chiefland – Bronson – Williston.

Samedi 2 octobre, Fort Walton.
Réveil à 5h50. Temps d’automne, mais toujours sans pluie.
Il me faut impérativement dépasser les 250 km aujourd’hui si je veux arriver dans les temps le 5 octobre à Miami Beach. Je n’ai pas eu la nuit que je souhaitai avoir et n’ai pu dormir que 5h. Cette journée s’annonce incertaine ; comment le physique va-t-il répondre à ces sollicitations répétées ?
Heureusement, je pars assez tôt et le soleil sort à peine de l’horizon ; il est rouge sang et commence à se dégager au dessus de la petite ville de Carrabelle ; je vais pouvoir l’immortaliser sur mon numérique.
Jean Pierre et Hervé vont rester au RV Camp pour finaliser le lavage du linge et résoudre les petits soucis de notre véhicule. Jusqu’à midi, je vais donc parcourir seul cette région, moins attirante que tout ce que j’ai vu jusqu’à maintenant. Après avoir dépassé Panacea, je m’éloigne de la mer (je ne la reverrai plus avant l’Atlantique). Désormais ce sont des allées interminables de pins qui vont me servir de décor. Assez lassant je dois dire au bout de plusieurs heures.
Mais la solution tient dans un petit boitier de 5 cm sur 3 : un lecteur mp3 ! La musique, qui non seulement adoucie les mœurs, mais aussi les muscles via le cerveau ! Je ne vous en avais pas parlé jusqu’à maintenant, mais il est sûr que c’est un élément indispensable à ce genre de défi. J’utilise la musique depuis la première journée, souvent en fonction des difficultés ou de décors idylliques. Merci à l’inventeur de ces petits engins miniaturisés. Ainsi, au gré du temps, je me suis fait bercer par un mix de chansons, passant de Goldman à Seal, d’Anggun à Barry White, de la Soul à la Samba, des slows aux bons vieux rocks… Bref, j’ai à peine aperçu Perry ( ! ) jusqu’à ce que mes deux compères me rattrapent et préparent le déjeuner habituel. Durant cette matinée, j’ai maintenu un rythme élevé. Le repas devrait me permettre de recharger l’organisme (les milliers de calories consommées chaque jour). Je repars 20 minutes après, mais je ressens une forte envie de dormir ; le sommeil m’envahit… Heureusement, Hervé s’est garé quelques kilomètres plus loin. Je m’arrête afin qu’il prépare un café ; durant ces 10 minutes de pause, je vais fermer les yeux et récupérer incroyablement vite, comme les skippers en solitaire. J’ai déjà parcouru 150 km. Jusqu’où vais-je pouvoir aller ? Au départ je m’étais fixé pour objectif d’atteindre Old Town (235 km). Mais je vais mieux et profite de bonnes sensations sur mon vélo profilé (Look 596) pour garder une moyenne élevée. Une fois à Old Town, Jean Pierre, qui roulait seul depuis plus de cinquante kilomètres, veut que nous continuions ensemble. La nuit ne va tomber que dans un peu plus de 2 heures. C’est reparti ; nous atteignons Chiefland puis prenons à gauche direction Ocala. Après une quinzaine de kilomètres, toujours pas de RV. J’ai atteint les 260 km et je terminerai bien là ma journée de boulot ( ! ). Nous passons un coup de fil pour avoir des nouvelles ; en fait, Hervé a suivi notre road book et est parti par un autre trajet. Le temps qu’il nous rejoigne, nous décidons de continuer ; durant ce laps de temps, Jean Pierre s’aperçoit qu’il est à moins de 20 km de ses 1.600 km au cumul. Il va réussir à me convaincre de continuer et, avec le couché de soleil et la bonne ambiance, je terminerai finalement cette journée par le 2nd meilleur score du trip : 286 km. J’aurai signé tout de suite ce matin si on me l’avait dit. Comme quoi, les coïncidences m’ont permis d’aller plus loin que mes envies. Désormais, nous sommes à Williston, aux portes d’Ocala.
Si demain je parviens à dépasser à nouveau les 260 km, je serai tout près de l’Atlantique (à West Melbourne). Ensuite, nous pourrons redescendre le long de la côte Est jusqu’à Miami. Nous attendons la réponse d’un ami de Jean Pierre, Tarik Benabiles, ancien champion français de tennis, désormais installé à Boynton comme entraîneur. Il suit nos péripéties et espère pouvoir nous voir. Peut être le 4 octobre. L’arrivée finale est donc programmée au 5 !
Cela fait exactement 3 semaines que nous avons quitté Furnace Creek ; c’est exactement le temps pour le Tour de France. J’aurai parcouru un peu plus de 4.300 km jusqu’à maintenant.
L’étape de demain est primordiale pour tenir ce timing. Nous devrons traverser Orlando et, j’espère, croiser quelques alligators afin de donner un peu de « piment » à cette fin de périple…
Vous en saurez plus dans l’édition à venir !!!
Bonne soirée.
Jean Mi







Les commentaires de Jean Pierre :

Vendredi 1er Octobre 2010 - de GULFPORT à CARRABELLE
Il a fallut que l’on fasse 2 Mac Do pour trouver le réseau qui nous permet de vous envoyer les nouvelles du front - c’est inacceptable ! Entre temps nous nous sommes arrêtés dans un petit village (reconstitué) de pêcheurs qui vante les eaux les plus poissonneuses du golfe - j’ai nommé Destin !
Je vais vous résumer un peu la journée en quelques chiffres : 49 ( c’est le rythme au repos de mon petit cœur - 111 - c’est le kilométrage que j’ai fait - 4 - c’est le nombre de fuseaux horaires que nous avons traversé depuis la Californie - Le problème est que l’on perd une heure de jour et de sommeil - Jean-Michel part de nuit maintenant et avec une « petite laine » car il fait froid !
Aujourd’hui, je n’avais pas la gniaque, mais alors pas du tout, j’ai été dans le genre follower , pas leader à un point tel que je n’ai prit aucun relais avec mon copain - il roulait à plus de trente de moyenne et j’avais un mal fou à le tenir, et mon pneu qui se dégonflait tous les 6 miles ! On a fini par appeler mère-grand et j’ai pu réparer la chambre à air coupable . Hervé a prit la suite pour un exploit personnel puisqu’il va couvrir 45 bornes !
Pour reprendre partiellement un inventaire à la Prévert je dirais que nous avons rencontré une biche effarouchée qui allait traverser l’autoroute meurtrière, 2 paires de baskets (dont une neuve), 3 casquettes, une belle paire de… ciseaux, 1 fanion de l’équipe de foot du coin? 6 gants et l’inévitable raton laveur qui a foncé au travers des quatre voies , la queue bien en l’air pour se mettre au couvert de la grande forêt toute proche.
A Panama City, (qui n’est pas à Panama) - Hervé et Jean-Michel vont aller tout droit au lieu de prendre par les plages, Belle erreur, car devant moi vont défiler des centaines et des centaines de bikers - à 90 % Harley-Davidson, tout phares allumés (Il n’y avaient pas que les phares) - Ca fait vroum vroum ,çà a le parfait look bandana-lunettes noires-moustaches en guidon de course - blondes de préférence et les Santiags en pattes de canard. Marrant ! Certains nous prennent pour des larves , mais d’autres sont plus sympas.
Arrivés à Apalachicola il reste encore assez de jour pour pousser un peu plus loin. Le GPS nous indique un coin côté forêt. Le responsable nous annonce qu’il n’y a pas la wi-fi et il est tellement imbibé que l’on préfère aller un peu plus loin, jusqu’à Carrabelle Beach. On n’a pas regretté : c’est le meilleur RV camp ground que nous ayons essayé : Plage à 50 mètres, grande piscine - douches et laundry super clean - emplacements avec gazon, béton et table de pic nique et dans la réception tout le nécessaire pour la survie en mobile home. A 43 $ c’est une affaire, comparé à certains autres.


Samedi 3 octobre CARRABELLE - WILLISTON
Comme il y a eu trop de décalage entre son départ et le nôtre, nous nous sommes fixés une heure limite de 2 H 30 maxi après son décollage. Le temps de faire un peu de ménage, le petit déj’ , le nettoyage des fringues etc, le tiempo passe trop vite et il faut cravacher pour retrouver notre road runner qui est souvent 100 bornes plus loin. On le retrouve entre Medart et Cross city pour le déjeuner. Je sors mon vélo sans grande conviction, et puis, çà va se faire doucement, le rythme reprend ses droits - par contre nous sommes entrés dans la région des grands marais dont l’eau noire vient lécher les bas-côtés de l’autoroute aux lignes droites sans fin, encadrées par deux rangées de pins sombres.
Jean-Michel va se prendre un gros coup de barre et, après un petit somme de 5 minutes et un café bien fort va remonter sur son vélo et repartir comme si de rien n’était.
On roule, on roule, on roule, le nez dans le guidon. Mon I-pod est tombé en rade et je n’ai même plus de musique ! Chaque coup de pédale doit être appuyé pour se maintenir au-dessus de 30 - c’est un effort de volonté qui ne permet pas le relâchement sauf quand on met une vitesse supérieure pour pouvoir se relever et faire quelques mètres en danseuse, tant nos pauvres fesses n’en peuvent mais ! JM a tout essayé : la crème suisse miracle, les cachets d’Advil pour effacer la douleur, le changement de selle , rien ni a fait ! On doit vivre avec çà jusqu’au bout.
A Bronson on n’a pas vu Charles, comme à Salem il n’a a plus de sorcières - mais un petit bistro dénommé « Le Four Corners » où nous sommes rentrés pour se taper une pression. Des Harley-Davidsoniens intrigués par la machine à JM lui ont posé quelques questions dont l’inévitable « how much is it ? » Dans les 12000 $ - le prix d’une Harley moyenne - et quand ils apprennent qu’il vient de faire 250 kms alors, là : respect man ! - Ils veulent même faire la photo . OK ! -Plus tard, alors que nous roulons en formation à 35 de moyenne, ils nous font de grands signes au passage ! Quand je vous disais qu’il y en a des sympas ! - La nuit tombe vite alors que nous approchons de Williston et notre iron man va abattre ses presque deux cent quatre vingt dix kilomètres, alors que je n’en n’ai effectué que 120 ! Là où je vais lui tirer mon chapeau, c’est quand je plaçais des accélérations dans des petites côtes, eh bien çà n’avait pas l’air de le gêner outre mesure ! Sacré Jean-Michel, il n’y a pas beaucoup de jeunes qui seraient capable d’en faire autant !
Nous sommes arrivés dans un RV Camp à Williston, près d’Ocala - pas cher (22 $) - mais sans wi-fi et avec des sanitaires un peu limites. Ce soir, pour récompenser mes bretons j’ai fait des crêpes qui ne sont ni Suzette ni franchement pancake . Avec le sirop organique d’agave bleue, ce fût parfait .
Il est minuit comme d’habitude et demain nous avons encore une très grosse étape.

Jean-Pierre Marquant

1 commentaire:

  1. A pleasure to meet you. I hope you arrive at Miami Beach with enough energy to enjoy it. Is an exhilarating city.
    Sorry for delaying you so much at that gas station near Perry.
    The pitiful 32kms I rode that day felt incredible, maybe when i'm 50 i'll be able to go from coast to coast!
    Bonne Voyage Jean Michel....enchante!

    RépondreSupprimer