Présentation


5.000 km entre la Californie et la Floride
en vélo à travers 9 états américains.

Départ officieux : Santa Monica (Los Angeles) pour récupérer de l'eau du Pacifique dans une gourde...
Départ officiel : Death Valley (Vallée de la Mort - Californie), désert mythique
Arrivée : Miami Beach (Floride) sur l'Atlantique
Direction : par le Sud : Phoenix, El Paso, San Antonio, New Orleans...
Dates : du 10 septembre au 1er octobre 2010 (si tout va bien !)
Coureur - Cycliste : Jean Michel MONOT
Accompagnateurs : Jean Pierre MARQUANT, Hervé LE MEUR
Conseillère alimentation et soins (à distance !) : Hélène Sillinger

dimanche 3 octobre 2010

Étape 19 - Dans quel Etat j’ère ?!!!

« De Gulfport (Mississipi) à Mobile (Alabama) puis à Fort Walton (Floride) »
19ème jour : 301 km réalisés ! – Départ 7h19 am
Les spécificités de cette grande et longue journée : j’aurai traversé 3 états (Mississippi – Alabama – Floride) et surtout je serai parvenu à atteindre Fort Walton situé à un peu plus de 300 km de Gulfport.
Je suis « cuit » ce soir, mais ravi. J’avais envie d’atteindre une telle distance, au moins une fois, durant cette traversée !

« Le sport va chercher la peur pour la dominer, la fatigue pour en triompher, la difficulté pour la vaincre » (Pierre, baron de Coubertin)

SPECIAL DEDICACE
De Gulfport à Fort Walton : pensées à Christian Lombardini - Benoit Gérard - Gilles Pierre
Parcours : Gulfport – Biloxi – Pascagoula – Mobile – Foley – Pensacola – Santa Rosa – Fort Walton

Jeudi 30 septembre, Gulfport.
Réveil à 5h50. Temps frais.
Je me lève en pleine forme. Je ressens les bienfaits de tous ces « entrainements » quotidiens depuis le départ; il est vrai que je ne suis pas habitué à une telle régularité et fréquence. A mon retour, il serait bon que je m’organise pour ne pas perdre tous ces acquis.
Je me prépare rapidement. Je décide de choisir mon 486 (vélo « passe partout ») pour cette étape que je souhaite longue. Il me faut rallonger les distances si je veux arriver dans les temps. Nous avons « mangé » les jours de rab que nous avions dans le projet, surtout dans les préparatifs à Las Vegas et dans le rallongement du parcours au Texas. Je suis motivé. Et ce d’autant plus que les 50 premiers km longent la mer. On se croirait sur la côte d’azur. Je pars tôt à 7h19 exactement. J’ai dû mettre un coupe-vent car la température est inférieure à 18° ; laissons le temps au soleil de nous réchauffer. Sur ma droite, un bateau de pêche rentre d’une tournée ; des centaines d’oiseaux s’excitent autour de lui, attendant le petit déjeuner… Quelques km plus loin je traverse Biloxi, sorte de mini Las Vegas en bord de mer. Surprenant. La route est bonne et le vent est nul. J’avance vite et bien. La journée s’annonce bien et les deux premières heures vont être super ; puis arrive la ville de construction navale Pascagoula. De gros travaux sur la route m’obligent à être vigilant, mais c’est surtout le réveil du vent qui m’inquiète. Je rentre dans l’état d’Alabama. Bye bye Mississippi. Tu m’auras surpris.
Trente kilomètres plus loin, le vent est complètement réveillé ( ! ), pleine face. L’arrivée dans la banlieue de Mobile devient difficile. Je perds beaucoup de temps en étant ainsi ralenti. Ma motivation tient au fait que je sais que lorsque j’aurai traversé le downtown de Mobile (et ses deux belles tours de verre), je devrai prendre plein sud par la « 98 » et logiquement, le vent devrait être de ¾ arrière…
Mobile possède un incroyable mémorial aux anciens combattants (je verrai plus tard que la place de l’armée est très importante dans cet Etat). Ainsi on y retrouve le cuirassé Alabama, de gros avions-porteurs, des jets, des canons… Un vrai arsenal pour touristes désormais. Je franchis un nouveau pont et ce que j’attendais se réalise. Je me sens enfin poussé ! Mais quelques minutes plus tard, en suivant les panneaux indiquant « Pensacola », je me retrouve sans le vouloir sur la « i10 », l’autoroute (interdite aux vélos évidemment). Impossible de faire demi-tour car trop dangereux. J’ai 5 km à parcourir entre le parapet du pont et les trucks qui me frôlent en passant à 110 km/h… 15 mn durant lesquelles je vais activer tous mes radars ! Enfin, je peux prendre la sortie « Daphné ». On nous avait prévenu que les panneaux directionnels ne sont pas bien conçus aux Etats Unis. Confirmation ce jour… Voici maintenant 5 heures que je roule et toujours pas de RV. Heureusement, j’ai pu les joindre par téléphone ; ils essayent de me rattraper ! Je vais profiter d’avoir enfin le vent arrière pour parcourir les 30 km suivants à plus de 40 km/h ; quel bonheur de se sentir voler !
Ils arrivent enfin. Je vais pouvoir manger un peu pour mieux repartir pour les quatre heures à venir. Je sais désormais que je peux atteindre les 266 km réalisés au Texas. 20 minutes plus tard, je repars de plus bel. Le vent est latéral, mais ne gène pas. Jean-Pierre m’accompagnera à partir de Foley pour une centaine de kilomètres qui marqueront ce challenge. Nous allons tout d’abord traverser, à la sortie de Pensacola, un magnifique pont de 5 km à la vitesse moyenne de 45 km/h (des panneaux indiquent de ne pas dépasser les 45… miles/h ! Jean Pierre est euphorique ; jamais il n’a roulé à une telle vitesse. Je suis agréablement surpris par les progrès qu’il a montrés depuis le départ : à 72 ans, il continue de s’améliorer physiquement ; quel bel exemple pour nous autres…
A 266 km, je leur propose de continuer encore ¾ d’heure car la barre des 300 km est envisageable. La nuit s’annonce ; nous continuons à rouler à 35 km/h jusqu’à l’entrée de Fort Walton. Le RV est là ; nous sommes heureux. Je vais accomplir les deux derniers petits kilomètres qui me permettront de dépasser la barre fatidique des 300 km. Le RV Camp nous attend avec ses douches chaudes ; je vais rester une heure sous cette eau réparatrice pour nettoyer les efforts importants de cette journée. Nous nous rapprochons de l’objectif. Je vais bien et là est l’essentiel.
Douce nuit !
Jean Mi








Les commentaires de Jean-Pierre :
Jeudi 30 septembre de Gulfport (Mississipi) à Fort Walton Beach (Floride)
Le jour se lève avec déjà un fort vent du nord. La ligne du Santa Fé Express passant tout près, nous avons eu droit aux mugissements des locos dont les chauffeurs usent et abusent en pleine nuit - çà les énerve sans doute de sentir les gens roupiller chez eux. Ceux qui ont déjà dormi à Reno savent de quoi je parle !
Monsieur Monot est en forme ce matin et il va nous quitter très tôt avec une petite idée derrière le casque. L’équipe de suiveurs prend son petit déjeuner et, comme j’ai du retard, je m’attelle à la rédaction des jours précédents. Une heure trente plus tard nous reprenons la route avec, toujours à notre droite cette incroyable plage de sable blanc interrompue soit par un petit port de pêche soit par un hôtel-casino - eh oui, il n’y a pas qu’à Vegas que l’on peut devenir accro des bandits manchots. Le temps de refaire le plein et un petit marché et l’on se prend presque 4 heures de retard. Coup de téléphone du biker fou : « où êtes- vous ? » ben, vers Mississipi city - et toi ? « Je suis à l’entrée de Mobile ! » Zut, il a encore filé comme un avion, c’est à plus de 100 bornes. Il faut encore que l’on traverse Pascagoula (en français : mets ta cagoule) - Grand Bay et Théodore avant d’attaquer les faubourgs de Mobile ( du crime ) vous l’aviez deviné ! Qui est dans l’Alabama (Allah est grand et Barack aussi ) Il nous attend près du USS Alabama Battleship , un navire qui s’est couvert de gloire lors de la dernière guerre. Le temps d’arriver et le rendez-vous a changé : « je suis maintenant à l’entrée de Daphne et j’ai faim, rappliquez vite les ami ». On arrive, on arrive ! Le problème, c’est qu’il a enfin le vent dans le dos et descend plein sud à 40 de moyenne vers Barnwell. Là-bàs, toujours personne, fonçons jusqu’à Foley , après nous aviserons. Enfin sa silhouette se détache de la route : il n’est pas content et je le comprends : 170 kms sans assistance - mais tu allais trop vite mon gars - c’est tout ce que je peux lui dire. Il veut exploser son record de 260 kms, alors pas de temps à perdre. Après un rapide casse-croûte il saute sur sa machine et je n’ai que le temps de me mettre en route. C’est sûr, il a bouffé du croco ! Heureusement que je suis en forme car on va tenir le 35 de moyenne et, sur la traversée d’un superbe pont de 5 kms nous allons - avec le vent dans le dos monter à 45 et même près de 60 dans la descente qui rejoins la terre, juste avant l’entrée en Floride.
Trois États ont été traversé aujourd’hui. La nuit tombe rapidement et nous forçons encore l’allure car il veut passer les 300 kms. Ce sera chose faite avec 301 au compteur ! C’est une sacrée performance que peu de mecs de 50 balais peuvent faire. Nous fêtons l’évènement avec trois Budweiser bien glacées. Quant à moi, je n’ai fais que 112 kms et n’éprouve aucune fatigue : l’entraînement commence à payer !
Comme dab nous avons vu beaucoup de petits mammifères écrasés dont plusieurs pauvres tortues - cela me rappelle une histoire belge : c’est un mec qui traverse un village de Wallonie et qui écrase une poule avec sa voiture. Comme il est bien élevé il recule voir le paysan pour lui remettre la volaille. Alors le belge lui dit (avec l’accent) Baahh, çà n’est pas à nous çà, on ne fais pas des poules plates ! Voilà, je termine à minuit le récit de cette superbe journée - il fait toujours chaud et beau avec une certaine fraîcheur nocturne qui nous fait mettre une petite doudoune vers le matin. Je ne sais pas si je vous l’ai dit mais nous ne nous couchons jamais avant minuit pour un lever à cinq heures quarante cinq - six heures au plus tard. Comment tient-il avec si peu de récupération ? Un extra-terrestre ! A demain, à condition de trouver un réseau WI FI, ce qui est une vraie galère ici !
Jean-Pierre Marquant

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