Présentation


5.000 km entre la Californie et la Floride
en vélo à travers 9 états américains.

Départ officieux : Santa Monica (Los Angeles) pour récupérer de l'eau du Pacifique dans une gourde...
Départ officiel : Death Valley (Vallée de la Mort - Californie), désert mythique
Arrivée : Miami Beach (Floride) sur l'Atlantique
Direction : par le Sud : Phoenix, El Paso, San Antonio, New Orleans...
Dates : du 10 septembre au 1er octobre 2010 (si tout va bien !)
Coureur - Cycliste : Jean Michel MONOT
Accompagnateurs : Jean Pierre MARQUANT, Hervé LE MEUR
Conseillère alimentation et soins (à distance !) : Hélène Sillinger

jeudi 30 septembre 2010

Étape 17 - Louisiane, le Jazz est en toi

« De Abbeville à Paradis – New Orleans (Louisiane) »
17ème jour : 213 km réalisés – Départ 7h45 am
A Louisiane, quand tu nous prends !
Quelle tranquillité, quelle quiétude… Une étape tout en douceur, au milieu des champs de canne à sucre et de ces villas coloniales aux pelouses si vertes.
Bref, ce fut le « Paradis », nom de la petite ville dans laquelle j’ai terminé cette étape. Ensuite pour des raisons de sécurité (Highway dangereuse), nous avons rallié New Orléans en RV. La suite est une histoire de musique… de Jazz bien sûr !

« On ne devient pas champion dans un gymnase. On devient champion grâce à ce qu'on ressent ; un désir, un rêve, une vision. On doit avoir du talent et de la technique. Mais le talent doit être plus fort que la technique » (Mohammed Ali)

SPECIAL DEDICACE
De Abbeville à New Orleans : pensées à Bernard Geoffroy et Nanie - Valérie et Cyrille Serra - Christina et J.Yves Teihotaata (Bon « trip » Christina) - Nedim Alwardy - Muriel Pontarolo (Dédicace d’un morceau de jazz pour toi, Mumu) - Caroline Perdrix - Alban et Nacha Ellacott
Parcours : Abbeville – New Iberia (par la 182) – Franklin – Morgan City – Houma – Paradis – New Orleans

Mardi 28 septembre.
Réveil à 6h00.
Décidemment, à chaque jour suffit… son Bonheur. Ce mardi, j’ai à nouveau profité d’une belle journée ensoleillée, à température idéale (entre 18° le matin à 30° l’après-midi) et sans vent. Tiens, je note que depuis le départ, nous aurons essuyé seulement trois gouttes de pluie.
Je quitte Abbeville à 7h45, alors que mes deux compères partent à la « laundry » pour laver nos linges et ensuite au marché faire les courses. Je vais ainsi rouler seul pendant environ 4h30, rejoignant tout d’abord New Iberia où j’ai failli me perdre. Je ne dois prendre ni la Interstates (interdite aux vélos), ni la « 90 », mais bien la « 182 »… Ca y est. Je suis sur la bonne route en direction de Franklin. La chaussée n’est pas très bonne, mais très vite je suis entouré de champs de canne à sucre. A la sortie de Jeannerette, une grosse usine de transformation de la canne est en activité. Cette dernière a totalement supplanté le coton. Très vite, de petites habitations charmantes encadrent la route. Cela va perdurer très longtemps ; ainsi, j’ai toujours le sentiment de pouvoir demander quelque chose à quelqu’un si besoin était. Ce qui me touche le plus, c’est cette sensation de calme ; ici, tout semble paisible… Des maisons sobres, je vais, dès la jolie ville de Franklin, longer de formidables bâtisses de style colonial : quel charme, entourées d’arbres et d’une pelouse plus verte que verte (mais comment font-ils ?!!!). Je ne pense même plus au vélo, aux muscles, à la névralgie qui me gêne depuis quelques jours : mon esprit est à contempler ces demeures de rêve… Et les 110 km qui m’amènent à Morgan City m’auront paru courts et beaux à la fois. A peine suis-je arrivé devant le panneau « Welcome to Morgan », voici que notre RV vient à ma rencontre. Bon timing ! C’est le moment de reprendre des forces : à table, il me faut ingurgiter des milliers de calories (attention : les « bons » !) pour tenir la distance.
Nous quittons Morgan avec Jean Pierre qui va m’accompagner pour la seconde partie de la journée. En direction de Homa, nous allons longer un canal avec, à nouveau, de splendides maisons coloniales. Mêmes les petites habitations neuves sont construites avec goût et équilibre ; et toujours ces immenses pelouses tout autour…
Située au cœur de la région des bayous, Houma, du nom d’une tribu indienne, est une petite ville avec un côté conquête de l’ouest. Beaucoup d’habitants sont des « cajuns » francophones ; l’histoire dit que les premiers blancs, les pionniers, étaient français (comme plus d’un tiers des Etats Unis d’ailleurs) et qu’ils se sont alliés aux autochtones, qu’ils ont traité comme sujets du roi jouissant des mêmes privilèges et droits qu’eux. Mais l’armée anglaise et américaine en ont décidé autrement, en ont décimé une grande partie et les survivants sont devenus des esclaves avec les noirs et les indiens…
Depuis que nous sommes entrés en Louisiane (au nom du roi Louis XIV, par le découvreur René Robert Cavelier, Sieur de La Salle), des noms français fleurissent à chaque coin de rue, dans chaque ville ou village. Cette mixité est bonne à lire !
A la sortie de Houma, nous devons remonter au nord-est en direction de New Orléans (la tant convoitée, attendue !). Mais nous avons décidé de ne pas revivre la même aventure que l’arrivée à Houston, avec la dangerosité liée aux nombreuses voitures et bas côtés jonchés de détritus. C’est pourquoi nous stopperons notre étape dans une petite ville au nom évocateur : Paradis. Il est vrai que cette Louisiane respire cela.
Nous terminerons notre périple du jour en RV, en franchissant le fameux Mississipi et en arrivant à la Nouvelle-Orléans dans un Camp, tout près du « Superdome » qui servit d’abri aux sinistrés de Katrina (l’ouragan dévastateur, il y a 5 ans) et surtout en plein quartier « French Quater ». Quel bonheur ! Mais nous n’avons pas encore atteint la plénitude : elle va arriver quelques minutes plus tard quand nous apprendrons que ce camping de luxe possède un… jacuzzi ! Un rêve pour moi : je vais enfin pouvoir me faire masser… par des jets, certes, mais quelle joie après tant d’attentes…
Enfin, l’apothéose : nous sommes à moins d’un kilomètre à pied du centre névralgique de cette ville magique : le « French Quater » et sa « Bourbon Street ». Nous irons ainsi manger du crabe et de l’alligator, avant de nous laisser bercer par l’ambiance de la rue (Et nous ne sommes qu’un mardi ! Qu’est-ce que ca doit être le weekend ?!!!)… Mais bien vite, nous sommes attirés par ce pour quoi nous sommes venus : les boites de jazz ! Ces bars sombres où de nombreux groupes viennent charmer le public. Nous en choisirons deux qui resteront gravés dans nos mémoires. Le premier est un « jazz band » complet avec piano, deux guitares, batterie et une chanteuse à la voix extraordinaire, proche de Tina Turner (sa cousine sans doute !). Excusez-moi, mais « quel pied on a pris ! ». J’en ai vite oublié les douleurs musculaires des 3.000 kms parcourus. Le second est le « New Orleans Band » avec à sa tête Dwayne Burns, un Louis Amstrong en « encore plus gros », qui joue divinement bien de la trompette et qui a une voix proche de son instrument. Une autre merveille…
Ah ! Quelle journée ! J’en connais qui vont nous envier ; mais nous l’avons bien mérité après tous ces efforts concédés ! Et ce n’est pas fini, car la matinée de demain sera consacrée à la visite de la ville…
« I love New Orleans » ! Tu nous l’as bien rendu avec ces mélodies qui vous prennent les tripes. J’avais opté cette traversée par le Sud pour justement découvrir cette Louisiane et sa Nouvelle-Orléans (mes hommages Mademoiselle Jeanne d’Arc !) : je ne le regrette en rien.
Il est 1h du matin. Je suis bien ; mais il faut dormir car demain la course reprend son cours…
Jean Mi








Les commentaires de Jean-Pierre :
AUSTIN, HOUSTON, GALVESTON, LOUISIANE JUSQU’À LA NOUVELLE ORLEANS.

Samedi 25 septembre
Jean-Michel a décidé de partir d’ici en direction de Houston très tôt. Pour nous, c’est un peu plus tard car il faut tout ranger. Je le rejoindrai à Giddings pour une soixantaine de kms, Hervé prendra ma suite et fera 21 kms assez fatigants. Notre point de jonction sera le bled de Satsuma dans la banlieue d’Houston. Le problème est que cette sacrée 290 va se transformer en une énorme autoroute à 8 voies - on a un peu oublié que c’est un village de 3 millions d’habitants ! Je vais commencer à m’inquiéter sérieusement pour notre superman car le bas côté est jonché de débris de toutes sortes, les embranchements qu’il doit franchir amènent des voitures à grande vitesse et, bien sûr si les flics lui tombent dessus il aura droit à une belle amende. Je ne comprend pas pourquoi il n’y a aucun panneau interdisant aux motos de faible cylindrée, aux piétons et aux cyclistes de grimper sur ces voies hyper dangereuses. Comme l’ami Hervé nous a déjà planté grave à l’entrée d’Austin, je ne veux surtout pas recommencer et c’est avec anxiété que nous recherchons un endroit d’où il pourra nous voir. On le trouve enfin , entre la voie ferrée et la route avec une bonne visibilité sur l’autoroute. Nous lui donnons une arrivée vers les 18 heures (il est 16 H 30 ) A l’heure dite je l’appelle plusieurs fois sur notre portable local - sans résultat - Enfin nous le voyons émerger de l’intense circulation comme un martien avec son casque profilé, arrivant d’une autre planète. Gros soulagement de l’équipe. Je l’engueule gentiment car il a été stressé par le bruit infernal de la circulation et surtout des camions qui vous frôlent à 65 miles dans un déplacement d’air à vous jeter par terre , et lui dit d’arrêter ce petit jeu mortel. Il en convient et nous allons revoir notre stratégie d’entrée dans les grandes villes. Il a quand même couvert 260 kms aujourd’hui !
On s’est trouvé notre premier RV camp dans le nord de Houston, avec, oh délices, une piscine ! Des douches chaudes et un lavomatic tout çà pour 30 $ ! Dans l’eau , un couple étrange, comme soudé , lui tête de fouine avec une fine moustache tombant sur un collier de barbe bien taillée - pérorant à haute voix non stop, tout le temps que nous allons passer dans l’eau - elle, vaguement rouquine, l’écoutant religieusement. L’Amérique est remplie de gens bizarres !

Dimanche 26 septembre
J’ai insisté pour que nous allions tous ensembles voir le complexe de la NASA, car il ne peut pas que bouffer du macadam , sans voir les choses intéressantes qui jalonnent notre parcours.
On a été toutefois un peu déçu de la visite malgré 3 temps forts qui ont été 1)- la salle de commandement exactement comme on la voit à la télé, mais derrière une solide vitre. Prochain tir, le 1er novembre - pour ceux qui veulent voir çà . Au centre à l’arrière, le chef suprême - c’est lui qui décompte le départ , et même le grand patron de la Nasa ou le président des Etats -Unis ne peuvent lui donner d’ordre ! À sa gauche et à sa droite d’autres postes importants. Devant nous le fond est tapissé d’écrans géants donnant la météo à travers le monde, la trajectoire de la station ISS et bien d’autres infos qui nous sont opaques. Mur de gauche : un grand nombre d’écussons touts différents, car créés par les équipages des missions réussies. Mur de droite : 4 macarons seulement. Notre guide nous confie pudiquement que ce sont celles qui ne sont pas rentrées…
Ensuite, la visite du hangar où s’entrainent les astronautes de 16 nations (cosmonautes pour les russes). Nous sommes dans un couloir sécurisé qui ne nous empêche pas de prendre toutes les photos que l’on veut : au centre , l’énorme cargo dont les portes sont ouvertes, plus les grands bras articulés aux multiples usages. Vient le plus étonnant dans un gigantesque hangar la fusée Saturne qui emmena 6 fois des hommes sur notre brillant satellite. Chose curieuse, à part la notation des 5 énormes propulseurs délivrant 6 millions de livres de poussée au décollage, nous n’avons aucune indication quant à sa longueur (au pif entre 100 et 140 mètres), son poids ? Mystère ? Son diamètre etc…
Ensuite, le moins bon : nous avons attendu dehors sous grosse chaleur ½ heure notre petit train qui, quand nous étions à bord, se trainait de parking en parking pour nous amener dans les différents bâtiments - et puis le ridicule : photo obligatoire à l’entrée pour la sécurité - c’est pour cela que l’on nous la proposa à la sortie moyennant 25 $ ! - et aussi la fouille pire que dans les aéroports alors que nous sommes super encadrés et mis sous cloche dans chaque bâtiment !
Galveston - c’est une ville située une cinquantaine de kilomètres , plein sud et sur une île. Elle semble quasi déserte en ce dimanche après-midi sous le chaud soleil de septembre. Un énorme paquebot de la Carabean Cruise attend ses passagers. On s’installe à la terrasse d’un resto face à la 21ème rue. La bouffe est plutôt bonne et j’ai une pensée pour ma fille Alexandra qui raffole des Cheese cake, car celui-ci est excellent. Devant nous une plate forme à quai que l’on peut normalement visiter et que j’aurai bien voulu, mais Jean-Michel nous presse, car il veut rouler, et nous quittons Galveston alors que je voulais absolument voir le Seawall juste à côté : c’est le plus grand mur tagué (artistiquement) du monde sur 2,5 miles ! Une curiosité dont les habitants sont très fiers - et puis comment passer sous silence les 3 pyramides géantes de Moody Garden, l’une abritant l’un des plus vastes aquariums de la planète avec plus de 8000 espèces d’animaux marins, l’autre, qui ressemble un peu à Biosphère 2, avec reconstitution de plusieurs climats allant du Pôle Sud aux Caraïbes - et la dernière pour les enfants qui propose un petit voyage vers la lune et surtout un cinéma Imax en 3 D et même 4 D ! J’adore ce genre d’effets spéciaux et il faudra que j’y retourne avec femme et enfants.
Il faut quand même rouler un peu et nous nous dirigeons vers le ferry qui va nous amener sur la presqu’île de Bolivar , juste en face. Chose étrange, il est gratuit , mais les employés vont nous demander si l’on n’a pas de gaz à bord. Non, pas du tout mentais-je avec aplomb car je me voyais mal faire un détour de plus de 60 miles.
Nous avons repris les bécanes et demandons à Hervé de nous attendre un peu plus loin ,à Winnie (l’ourson ?) sauf que l’on a mal calculé la distance. Route démentiellement plate et droite avec un petit vent de côté - imaginez plus de 40 kms sans un virage avec des véhicules qui nous doublent et que l’on distingue encore dix minutes après ? Ca n’existe pas en Europe et encore moins à Tahiti . C’est sans doute le cauchemar du piéton, surtout qu’après une légère courbe c’est reparti pour une autre sans fin.. Heureusement que nous dépassons des dizaines de maisons montées sur échasses et agréablement colorées comme à Salvador de Bahia (Brésil) - Certaines sont perchées à 7 ou 8 mètres du sol : l’océan peu passer dessous sans dommage - si ils avaient eu la même idée à la Nouvelle Orléans, les dégâts auraient été considérablement réduits !Séduits par la plage qui déroule ses kilomètres de sable fin, nous allons essayer de rouler dessus. On s’amuse comme des gosses, profondément heureux et libres. Mais la route est encore longue, on va enjamber un énorme pont, et malgré nos trente de moyenne allons arriver en pleine nuit là ou Hervé nous attend. Vite, allons à Port Arthur dans un RV campgroud très moyen pour se restaurer et prendre une bonne douche.

Lundi 27 septembre
Jean-Michel part de très bonne heure, presque dans la nuit - il fait très frais et il a plu durant la soirée. Nous allons le retrouver à Cameron ( vive la Légion !) après 90 kms dans les jambes. La plage que l’on suit est immense et déserte. De loin en loin, côté bayou, des pêcheurs viennent ramasser des crabes bleus qui foisonnent dans ces eaux marécageuses. A Cameron, je repars avec lui, ne sachant pas que je vais rester plus de 7 heures en selle et faire 162 kms jusqu’à Abbeville. Si nous n’avions pas eu un vent de face usant, nous aurions pu couvrir encore plus de distance - mon copain réalisant 240 kms sans trop de problème. Tout au long du parcours nous avons vu un nombre conséquent de serpents écrasés, de tatous et même …. Un bœuf entier tué sans doute par un camion. On a même faillit écraser un raton laveur qui nous est passé à 30 centimètres des roues et puis deux sacs Hermès plats comme des limandes et un autre bien vivant qui nous regardait passer, pas bien gros bien sûr mais de quoi vous faire réfléchir avant de prendre un bain. Photo à côté d’un hydroplane au repos - on est bien en Louisiane dans la région des bayous. Même les arbres d’où pendent la spanish moss font partie du paysage. Ce fût une très belle étape approchant parfois un état de plénitude comparable au nirvana quand le vent souhaitait nous abandonner quelques kilomètres.
La seule vraie fausse note vient de l’état déplorable des bas-côtés : presque aussi sales qu’à Tahiti, c’est pas peu dire , mais la chose qui nous révolta le plus c’est qu’au milieu de toutes ces immondices évoluait toute la faune sauvage de ces marais : canards sauvages, aigrettes, pélicans, poissons, crabes, serpents, tatous, tortues… A quoi servent les panneaux jusqu’à 3000 $ d’amende pour les pollueurs si le gouverneur ne passe pas des équipes de temps en temps pour nettoyer ? C’est encore ce gros nullard de Jeb Bush ? - mais que fait la police ???
Le soir, à Abbeville ( pas celui qui est dans la Somme) nous avons fêté avec une bonne bouteille de vin californien les 3000 kilomètres de notre marathon man, les 1000 kms de votre serviteur et la petite perf de 162 kms sans trop de fatigue : même pas une crampe! Je vais même bosser sur mon texte jusqu’à minuit et demi et tout effacer d’une mauvaise manip sur le PC d’Hervé ! On s’est déniché un camp round dans les bois pas cher (20 $) mais sans toilettes, ni commodités alors, bonjour la douche froide ce soir !

Mardi 28 septembre
ABBEVILLE - LA NOUVELLE ORLEANS
Ca caille ce matin au milieu de la forêt, vite un café chaud et un grand bol de corn flakes et notre ironman démarre à 7 heures 30. Quant à nous, il faut trouver un endroit où laver toutes nos fringues qui puent la sueur et après regarnir le frigo car nous mangeons comme des ogres - Jean Michel doit consommer quelques milliers de calories et moi pas mal aussi. Nous avons perdu près de 4 heures et notre oiseau doit être à plus de 100 bornes : il faut foncer le rejoindre. Direction New Iberia et Morgan City par la 182 au lieu de prendre la 90 et l’on a bien fait, car , malgré une route pas très bonne nous avons été ravis de découvrir de charmantes villas entourées de parcs incroyables gazonnés à la perfection, piqués d’arbres séculaires revêtant leur garniture de mousse, avec des traversées de bourgades qui ont gardées leur cachet de l’époque des grandes plantations de canne à sucre.
De Morgan City, je vais rouler avec lui jusqu’à Houma - du nom d’une tribu cajun, mais avec un mal aux fesses encore accru qui va nous faire pédaler debout tous les cinq cents mètres.
Nous arrivons enfin à la Nouvelle Orléans dans un superbe Campground fermé comme un ghetto ( à cause du quartier très craignos ) avec, piscine, jacuzzi, salle de muscu, glace à volonté, toilettes ultra clean, barbecue etc… Le total pour 77 dollars ! Mais, le plus étonnant sont les campings cars qui sont aussi luxueux qu’imposants dépassant les 30 millions CFP.
La suite est superbe, mais il est tard.
Vous la connaîtrez aux prochains commentaires.

Jean Pierre

mercredi 29 septembre 2010

Étape 16 - Seuls au monde…

« De Port Arthur (Texas) à Abbeville (Louisiane) »
16ème jour : 233 km prévus – 246 km réalisés ! – Départ 7h30 am
Très belle étape avec la mer, la lagune, la mangrove… de nombreux animaux dont des crocodiles… des traversées de rivière et de ponts… et beaucoup de calme, loin des villes, avec très peu de véhicules…
Une journée de solitude pour être en harmonie avec la nature.

« Le sport est une évasion complète de la vie » (François Hertel)

SPECIAL DEDICACE
De Port Arthur à  Abbeville : pensées à tout le personnel de Jus de Fruits de Moorea et de Manutea Tahiti (Martine, Vairea, Éloisa, Gina, Heidy, Jean Marie, Fred, Pierre, Etienne, Leslie et tous les autres…)
Parcours : Port Arthur – Cameron – Créole - Abbeville

Lundi 27 septembre.
Réveil à 5h50.
Quelle est belle notre Terre ! Cette journée aura été marquée par l’entrée en Louisiane et un parcours le long de la lagune, de la mangrove.
Mon départ a lieu au lever du soleil. La lumière monte rapidement découvrant des bras de mer, des raffineries et des bateaux. Sur les 10 premiers kilomètres, le vent me pousse fortement ; je vole ! Malheureusement, cette extase ne durera pas longtemps car durant les 4 heures qui vont suivre, je vais l’avoir de ¾ face. Si je n’avais pas eu un décor de rêve, j’aurai peut être fini par me démoraliser. En effet, les raffineries ont donné place aux fameuses maisons sur pilotis entourées d’une végétation très dense et bien verte. Puis, je vais longer la mer durant de longues heures, seul, avec une route à perte de vue, sans voiture ; tout au loin, j’aperçois les plateformes pétrolifères. Je me remémore le film « Seul au monde » ; je suis là sur mon vélo avec le bruit des vagues sur ma droite, la mangrove sur ma gauche, et pour seuls accompagnateurs des bancs d’oiseaux ; mouettes, aigrettes, etc… C’est tout simplement « magique ». Je garderai longtemps dans ma mémoire ce moment unique…
Je rejoins mes compères à Cameron, après 80 km. Jean-Pierre et Hervé en ont profité pour se baigner ; la température de l’eau est bonne. Nous sommes arrivés au bout de la route ; nous devons prendre à nouveau un bac pour traverser les 500m de bras d’eau qui nous séparent de l’autre rive. Ce sont 10 minutes de pause bien méritées car le vent a été défavorable. Il sera d’ailleurs capricieux toute la journée. Jean-Pierre a décidé de rouler avec moi ; il va tenir jusqu’à l’arrivée et battre ainsi son record de distance (162 km). Il aura aussi dépassé les 1.000 km depuis le départ. Chapeau Mr Marquant. Pour ma part, en atteignant la petite ville de Créole, mon compteur général affiche 3.000 km. Je dédie ce passage ô combien important à ma fille cadette, Maeva, qui me suit actuellement depuis l’Espagne. (Gros bisous ma chérie).
Durant nos 7h30 en duo, nous allons croiser un nombre incroyable d’animaux. Beaucoup d’oiseaux, des chevaux, des vaches (même certaines à bosse), des chiens qui cherchent à nous impressionner, mais surtout un raton-laveur qui va nous couper la route : à 40 cm près, il a failli me renverser ! Plus loin, un jeune crocodile nous nargue ; et en arrivant sur Abbeville, notre destination finale pour aujourd’hui, un pauvre tatou qui vient d’être touché par un véhicule : il va malheureusement mourir devant nous. Nous aurons eu le droit aussi à des nuées de mouches noires qui venaient nous percuter violemment. Enfin, comme chaque jour, de nombreux animaux morts ou écrasés parsèment le bord de la route : serpents, oiseaux, et un jeune crocodile (voir photo).
Le parcours aura été marqué par le franchissement de nombreux pont, au moins six, dont deux ont une structure qui nous oblige à monter à plus de trente mètres de haut ; au beau milieu de ce plat pays, c’est impressionnant et cela d’autant plus que les parapets sont bas.
La remontée au Texas (El Paso vers Alamogordo) pour ensuite rejoindre Austin où nous prendrons une ½ journée pour faire régler les vélos, la matinée de visite à Houston, ce vent qui aura souvent été défavorable et sans doute un programme quotidien trop ambitieux : tout ceci m’oblige à revoir les prochaines étapes. Nous allons devoir éviter la remontée vers Lafayette, puis Baton Rouge, pour nous diriger dès demain vers Morgan puis Huma. Ainsi, nous devrions rejoindre New Orleans dans un jour et demi. Ensuite, il faudra maintenir le rythme jusqu’à l’Atlantique si l’on veut reprendre l’avion le 6 octobre pour Los Angeles. Mais, chaque chose en son temps : nous n’y sommes pas encore. On avisera en cours de route.
Il est temps de récupérer.
Bonne nuit.
Jean Mi








Les commentaires de Jean-Pierre :
(à venir)

mardi 28 septembre 2010

Étape 15 - Allo, Houston ? Ici, Apollo vélo !

« De Houston à Port Arthur (Texas) »
15ème jour : 125 km réalisés – Départ 15h pm
Une matinée et le midi consacrés aux visites du centre spatial de la NASA et de l’originale ville portuaire de Galveston.
Passage par un ferry pour rejoindre la Péninsule Bolivia et ses maisons sur pilotis… Magnifique ! Nous roulerons jusqu’aux portes de Port Arthur à la nuit tombée.

« Dans le sport, l'homme reprend ses droits. Il reconquiert la discipline, la seule liberté qui soit douce » (Pierre Drieu La Rochelle)

SPECIAL DEDICACE
De Houston à Port Arthur : pensées à Laurent et Agnès Pasquelins.
Parcours : Houston – Galveston – (Ferry) – Bolivia Peninsula – Winnie – Port Arthur

Dimanche 26 septembre.
Réveil à 6h. Douche chaude ( ! ) et petit déjeuner.
Comme je vous l’avais laissé entendre hier, nous avons décidé que ce dimanche serait une journée de… semi-repos ! (Au Tour de France, les coureurs ont le droit à 2 journées pleines). Au programme, visite du Centre Spatial de la NASA, puis descente vers la mer à Galveston. Avec un peu de chance, nous tenterons de traverser en bateau le bras de mer nous séparant de la péninsule menant à la Louisiane.
Après avoir quitté le RV Camp situé au nord de Houston, après avoir longé le Downtown, nous arrivons au sud, près de Nassau, où tous les panneaux indiquent « NASA parkway ». C’est bien le Centre Spatial qui contrôle les vols et les travaux actuels sur la Station Internationale.
A 9h30, nous sommes devant les guichets ; l’ouverture des lieux est à 10h ! Nous allons en profiter pour étudier la carte et le « Petit futé » du Texas afin de valider notre étape de cet après-midi et de demain.
A 10h, nous faisons la queue pour prendre nos billets. Nous sommes sidérés par le surpoids de plus de la moitié des américains ici présents. Tout comme en Polynésie, il y a un réel problème d’alimentation, donc d’éducation dans ce pays. Notre message sur l’obésité et le besoin de pratiquer du sport régulièrement (sur les affiches collées sur le RV) prend tout son sens… A peine entrés, nous nous dirigeons directement vers une réplique de la navette Colombia que nous allons visiter ; impressionnant cet avion ! Ensuite, nous prenons un petit train qui va nous mener, tout d’abord, au centre de contrôle de la navette : un lancement est programmé pour dans un peu plus d’un mois, le 1er novembre exactement. On nous explique le rôle de chaque poste… Ensuite, nous partons pour un autre hangar, servant aux préparatifs et à l’assemblage de la station internationale. 16 pays sont concernés par ce programme dont la France. Nous y voyons les tenues des astronautes, les engins, les bras articulés, les robots, les modules… C’est incroyable… Notre visite s’achève par le hangar de Saturne 5 ; pour ceux qui s’en souviennent, c’est le lanceur-propulseur qui a permis de mettre sur orbite puis sur la lune les différentes fusées Apollo. Bien entendu, nous nous arrêtons devant Apollo 11 et le célèbre Neil Amstrong (à ne pas confondre avec Lance !) qui fut le premier homme à marcher sur la lune : « Un petit pas pour l’Homme, un grand pas pour l’humanité » (Voir photo). Globalement, cette visite est intéressante, mais l’organisation des transferts reste à améliorer ; et puis trop commercial à notre goût !
Nous filons sur le sud à Galveston. Quel changement avec ce que nous avons vu jusqu’alors au Texas ! Contraste saisissant entre les villas grand luxe et les baraques en bois… Couleur exotique, palmiers et surtout front de mer et plages : quelle joie de revoir la mer depuis Santa Monica ! Un policier nous indique la direction du port et nous confirme qu’il serait opportun d’aller manger un bout dans ces vieux « arnavaux » rénovés. Nous ne le regretterons pas : déjeuner très bon avec décor sur les cales, sur la construction des plateformes « off shore » et des navires, sur les bateaux de croisière… Après nos délicieux « cheesecakes » (écart moral à la nutrition sportive !), nous reprenons le RV pour prendre le Ferry. Nous n’aurons guère à attendre et embarquons en même temps qu’une cinquantaine d’autres véhicules. L’embarcation va nous mener de l’autre côté du chenal, à environ 5 km, sur la « Péninsule Bolivia ». Ce choix va nous éviter plus de 100 km de remontée par Houston et en plus nous serons dans la bonne direction pour rejoindre la Louisiane. La traversée est très animée : les embruns ravissent les familles et les pélicans survolent le bateau ; certaines personnes ont lu nos affiches et nous congratulent dans notre challenge…
L’étape du jour démarrera dès le débarquement. Notre objectif est de rejoindre Port Arthur situé à 125 km. Le décor est planté : toutes les maisons sont sur pilotis, sans doute pour des raisons de sécurité liées à une montée des eaux. Il est vrai que le point culminant doit être « d’un mètre » ! On y trouve toutes les couleurs possibles : vert, bleu, orange, blanc… C’est magnifique ! Cela me rappelle fortement Gruissan-Plage à côté de Narbonne, là où a été tourné le film de Jean-Jacques Beineix « 37,2 le matin » (un petit clin d’œil à ma sœur Blandine qui a travaillé plusieurs années avec lui !). Quel décor de cartes postales… Jean-Pierre roule avec moi. Au bout d’une demi-heure, nous avons la même envie : aller sur la plage. Le soleil est moins haut dans le ciel ; la lumière est parfaite. Des aigrettes jouent avec les vagues ; des habitants circulent sur le sable avec des petites voiturettes de golf et deux énergumènes font du vélo sur la plage ! Quel bon moment. Autre nouveauté : les libellules ont remplacé les crickets du New Mexique ; nous en croiserons des milliers ; nous devons fermer la bouche pour éviter d’en avaler une ! Autre fait divers : nous avons failli roulé sur un grand serpent que nous pensions encore vivant ; après les vérifications d’usage, Jean Pierre a pu brandir son trophée (voir photo) !
Nous allons rouler ensuite durant 3h30 et arriverons à la tombée de la nuit. Nous trouverons un RV Camp au nord de Port Arthur.
Belle journée, mi balades, mi course. Le choix de passer par la Péninsule Bolivia était vraiment excellent. Nous le recommandons à celles et ceux qui seraient tentés par venir visiter cette région.
Je me couche tôt, car fatigué (22h45) et demain est prévue une longue journée…
Jean-Pierre donnera plus de détails sur ce dimanche pas ordinaire (par la suite).
Bonne nuit.
Jean Mi









lundi 27 septembre 2010

Étape 14 - Merci Mr Obama !

« De Austin à Houston (Texas) »
14ème jour : 266 km prévus (261 réalisés !) – Départ 7h40 am
Etape rapide en roulant sur l’arrêt d’urgence de la US290 East. Trop de voitures, trop de bruit et du danger permanent.
Quelques anecdotes et un bon RV Camp avec piscine (enfin !)

« Si j'étais roi, je me méfierais des As » (Tristan Bernard - Un jeune homme rangé)

SPECIAL DEDICACE
De Austin à Houston : pensées à Mi Fa et Philippe Brugiroux - Charles Belli et Noelle Tainaue (J’ai chanté « Gabrielle » pour vous, aujourd’hui, sur mon vélo !)
Parcours : Austin – Elgin – Giddings – Brenham – Hempstead – Houston Ouest (261 km).

Samedi 25 septembre.
Réveil à 6h. Douche froide et petit déjeuner.
J’attaque la journée vélo à 7h40. Je sors du RV Camp encore endormi ; le ciel est couvert et brumeux. Je suis dans la ville d’Austin au sud est. Je remonte vers le nord pour reprendre la US 290 East que je vais garder toute la journée jusqu’à Houston. Cette liaison entre les deux grandes villes texanes est, bien entendu, très fréquentée. De plus, parce que nous sommes samedi, les familles sont de sortie. Je sens que je ne vais pas être seul aujourd’hui…
Il me faut vous avouer quelque chose d’important, car j’ai désormais une certitude (Je sais qu’il n’est pas bon d’avoir trop de certitudes, mais là quand vous saurez !) : Mr Barack Obama a lu mon blog !!! Ne faîtes pas les surpris ou les moqueurs. Au départ, j’avais un doute entre lui et son concurrent à la Maison Blanche, le gouverneur du Texas, Mr Georges Bush Junior ; mais maintenant c’est sûr, c’est Barack. Cela devrait redonner du tonus à son couple ; nous avons vu sur une revue locale (dans les magasins et non chez le coiffeur) qu’il y avait du rififi avec Michèle (II ne porte plus son alliance…). Bon, je reviens à mon mouton : hier, lors de mon récit sur l’étape du jour, je vous ai expliqué les griefs envers les routes du Texas (gravillons, vibrations, douleurs au postérieur…). Et bien, oui. Mr Barack Obama l’a lu et surtout, comme à son habitude, il a agi ! A peine sorti d’Austin, j’ai eu le droit à une route digne de celles du Tour de France : lisse, roulante, sans trou. Une merveille ! Et pourquoi Barack ? Simplement parce que cela a duré 120 km jusqu’à… (regardez la photo ci dessous et vous comprendrez) : Washington County ! Et oui, ca ne s’invente pas. A peine sorti de chez lui, de son « conté » (Je n’ai pas eu le temps d’aller le saluer), la route est redevenue agressive, vibrante et cassante. Encore un coup de Georges ! Merci Barack. Beau cadeau que d’avoir refait la route, après les déboires précédents.
Vous comprendrez (je l’espère !) que la journée a été rude ; aussi, vous me pardonnerez mes petits égarements. Il fallait bien que je me change les idées sur cette route super fréquentée. J’ai eu le droit à 9 heures de bruit de moteurs, de klaxonnes, de Harley, de trucks, d’animaux écrasés (des tatoos, une tortue, un raton laveur, etc…). Merci de votre compréhension !
Ainsi, la journée fut bonne en terme de distance (261 km) et à une allure qui me satisfait (28 de moyenne). Jean Pierre m’aura accompagné durant 50 km et il aura vu le danger permanent : nous roulons sur le bas côté, mais lorsque celui-ci se rétrécit, les camions paraissent encore plus longs. Le summum arrivera dans les 80 derniers kilomètres à partir de Hempstead où une succession de 3 et 4 voies en parallèle se dirigent vers Houston. Je vais donc jongler, durant les 3 dernières heures, entre les routes qui s’entremêlent, à plus de 30 km/h mais si lentement par rapport aux bolides qui me doublent… Ce « Austin – Houston » ne restera pas mon meilleur souvenir. Mais il sera une expérience différente de ce que j’ai pu vivre jusqu’alors, durant ce trip. Je suis content de l’avoir fait, mais j’éviterai de recommencer.
Quelques bonnes choses qu’en même : des ranches magnifiques entourés de champs très verts, d’arbres fruitiers. Des bourgades come Giddings et Brenham toujours aussi « far west ». Et un RV Camp au nord de Phoenix qui possède une petite piscine : c’est la récompense de cette dure journée. Quel bonheur !
Autre anecdote : à l’approche de Houston, une voiture me double, klaxonne et s’arrête un peu plus loin sur le bas côté en me faisant signe d’en faire autant. Ce sont deux jeunes américains. Ils m’ont vu allonger sur ma drôle de machine (Look 596) et pensait que je m’entraînais pour le triathlon de Houston qui aura lieu… demain dimanche ! Rassurez vous, j’ai décidé de ne pas m’y inscrire ! Nous aurons mieux à faire : en effet, Jean-Pierre et Hervé insistent pour que je modifie mon programme afin de profiter (moi aussi) des spécificités de cette belle ville de Houston. Il est vrai que, pour une fois, je n’aurai pas vu grand chose.
C’est pourquoi, demain matin, nous irons au Centre spatial de la NASA avant de rejoindre la mer (Galveston), puis avant de reprendre la direction de la Louisiane (à vélo), désormais toute proche. Mes deux amis disent que je l’ai bien mérité, après une telle étape !
Bonne nuit. A demain pour de nouvelles aventures.
Jean Mi











dimanche 26 septembre 2010

Étape 13 - Sur la route de Austin : Power !

« De Fredericksburg à Austin (Texas) »
13ème jour : 125 km prévus (125 réalisés !) – Départ 8h30 am
On espérait voir Lance Amstrong ou Georges Bush (encore que… !) et on a vu sa Fondation et son magasin de cycle.
Petite étape, mais bonne moyenne.
Trop de voitures ; vivement la campagne !

« En compétition, il y a toujours un premier et un dernier, mais l'important est de ne pas être le second de soi-même » (Luis Fernandez)

SPECIAL DEDICACE
De Fredericksburg à Austin : pensées à tous les autres membres de ma famille bretonne : Nini, Christian, Catherine et Benoit Laborde – Cécile et Yvon Leborgne – Jacky et Pierre-Yves Potin et bien sûr leurs conjoints et enfants.
Pensées aussi à mes amis Thierry Bourguignon et Agnès son épouse. Thierry a participé à 7 Tours de France et a eu une carrière cycliste très pleine.
Parcours : Fredericksburg – Johnson City - Austin (125 km).

Vendredi 24 septembre.
Réveil à 6h. Douche chaude et petit déjeuner complet. Les jambes sont « correctes » ; juste un petit bobo à la cuisse gauche dû à plusieurs déchaussage de ma chaussure avec choc sur guidon (les habitués comprendront !).
J’attaque la journée, seul, et sort de la bourgade allemande Fredericksburg en direction de la capitale Austin. Le temps est à nouveau couvert, mais la température est bonne (environ 22°) pour faire du vélo. Au bout d’une quinzaine de kilomètres je trouve plusieurs champs de vignes et des entrées de fermes. Les vignobles semblent petits par rapport à ce que l’on est habitué de voir aux Etats Unis. J’en verrai maximum une dizaine. On nous avait annoncé cette route comme celle de « route des vins ». On restera sur notre faim… ou plutôt notre soif ! Je me contenterai donc de mon jus de citron vert et de mon Mineral Drink.
Concernant le revêtement, j’ai oublié de vous dire que depuis que nous sommes entrés au Texas, je et nous subissons de véritables agressions de la part de la route ! En effet, sur leur couche de bitume, ils rajoutent de gros gravillons, à paine tassés. Certes c’est abrasif pour les pneus de voiture… Mais pour ceux de nos vélos, c’est un véritable tapis ondulé : massage gratis ! Le problème est qu’au bout de plusieurs heures, nos fessiers crient « ça suffit » (même Hervé Le Meur vous le confirmera lui aussi après seulement 20 km). Alors depuis trois jours, je joue la « danseuse » tous les kilomètres afin de soulager quelques secondes ce qui peut et dorénavant doit l’être.
Plusieurs collègues m’ont donné des conseils comme l’utilisation de crème (Cetavlon, etc). Rien n’y fait. Juste le Tamacalm (à base de Tamanu polynésien), fabriqué par mon ami Gérard Brigant, vient me soulager quelques minutes. Si vous avez des solutions, je suis preneur !!! Mon ami Thierry (Bourguignon) : SOS ! En conclusion, sur les problèmes de revêtement, j’espère vraiment que les routes de Louisiane seront plus « douces ».
Le parcours de cette 13ème journée est encore plus vallonné que la veille ; de belles descentes et donc de superbes montées, mais le vent très faible pousse du bon côté. Au 50ème km, Hervé va faire une quinzaine de kilomètre tandis que Jean-Pierre m’accompagnera à compter du 70ème jusqu’à l’arrivée à Austin. La circulation n’a rien à voir avec hier : beaucoup plus de véhicules, et surtout à partir de 20 km d’Austin, beaucoup plus d’agressivité. Les voitures nous frôlent ; on a même droit à des coups de klaxone, non pas d’encouragement, mais de « pousse toi de là que je m’y mette » ! Ah ! Ces gens des grandes villes… Soyez zen, faîtes du vélo !
Je vais faire une très bonne moyenne, mais à l’entrée de la ville, les routes se divisent en deux, puis en quatre… Avec Jean-Pierre, nous nous faufilons entre les voitures bloquées par les feux rouges. Mais où est donc passé Hervé avec son RV ? Allons nous nous retrouver dans cette mégapole ?... Il nous faudra une bonne ½ heure pour faire la jonction.
Ensuite, nous allons mettre notre GPS en route (On l’a surnommé « Juliette ») qui va nous mener jusque dans la 6ème rue (Est) à la Fondation de Lance Amstrong le septuple vainqueur du Tour de France. Malheureusement, il n’est pas présent (il vit à Austin mais est souvent en déplacement) ; C’est Robert Ramos qui nous fera visiter le Centre reprenant les messages forts qu’a voulu faire passer le champion au travers de différents artistes (peintures, sculptures, photos, maillots, etc…). Il nous indique l’adresse du magasin de cycle qu’Amstrong met en avant : nous nous y rendrons pour faire régler nos vélos car après plus de 2.500 km et des vibrations à n’en plus finir, il est raisonnable et nécessaire de faire un contrôle complet. D’ailleurs j’en sortirai satisfait, ayant acheté par la même occasion une selle plus lourde mais plus moelleuse ( ! ). Demain, je teste.
L’après-midi ayant fondu comme neige au soleil, il est trop tard pour reprendre la route. Nous décidons donc de rester sur Austin ce soir ; nous allons en profiter pour aller faire des emplettes dans le célèbre magasin de cow-boys « Allens Boots ». Nous sommes parés pour la prochaine soirée costumée !
Bonne nuit.
Jean Mi








Les commentaires de Jean-Pierre :
DE FORT STOCKTON A FREDERICKSBURG

Donc, à Fort Stockton dont la seule caractéristique est la statue immortalisée du célèbre road runner d’environ 3 mètres de haut sur plus de 6 de long, les serveuses du restaurant mexicain nous ont bien déconseillé la route du sud qui mène à Langtry : rien pendant 200 kilomètres, rien dans ce bled perdu puis encore le néant jusqu’à Del Rio - de plus c’est dangereux puisque l’on flirte de nouveau avec la frontière mexicaine et fort vent de face assuré ! Donc à la majorité des voix nous allons encore devoir changer d’itinéraire. Ce sera du plein est avec quelques kms sur la i10 puis la 67 vers Rankin plus au nord jusqu’à Big Lake. JM va se régaler et avaler 240 bornes! Pour ma part, après avoir bu de la bière, du vin rouge, du blanc et fini la soirée sur un coup de Glenfiddich (une folie) je dois me remettre en forme et roule avec lui sur une soixantaine de kms.
Eldorado et son camping le plus minable de tout le lot (juste un poteau pour se brancher sur un terrain vague sans aucune commodité) mais quand même bien content de le trouver même si la grand-mère nous soulage de 20 $ !
Jeudi 24 septembre
Départ sous un ciel couvert, frais avec quelques gouttes de pluie et toujours ce vent violent qui ne s’arrête jamais ni la nuit ni le jour. Je me joins à JM à la sortie de Menard (c’est bien français ce nom!) toujours plein “est” jusqu’à Mason. Le paysage change complètement : pâturages d’un vert incroyable, arbres sous lesquels s’abrite un cheptel bovin bien en chair, ranches aux portes imposantes (munies toutes d’un digicode) et même deux belles rivières dont la llano qui nous ont fortement tentées…mais la moyenne doit être tenue ! Le revêtement est très agressif c’est d’autant plus incompréhensif que nous sommes dans le pays de l’or noir : ils auraient pu mettre un peu plus de goudron dans leur revêtement, bon sang et puis il y a cette succession de côtes et de descentes à perte de vue mais cela ne nous dérange pas trop, nous allons en grimper une quarantaine avec un vent de côté qui nous fait guidonner sous ses violentes rafales. On craint fort qu’arrivés à Mason la route repartant plein sud on soit encore une fois sujet à ce terrible vent de face. Après 60 kms nous avons le plaisir de voir le RV stationné juste avant cette petite ville. Le déjeuner est servi ! Merci Hervé. Juste à côté une boutique d’antiquités et rendez-vous des chasseurs nous invite à y pénétrer. C’est, encore une fois le paradis des chineurs de tout poils, Grand nombres d’animaux empaillés, guns de toutes sortes, objets datant des années 20 et même de belles peaux de rattle snake dont Hervé en fait l’acquisition.
Le vent nous laisse un peu tranquilles et au fil des kilomètres, nous nous arrêtons pour soit prendre une belle tortue en photo, voir plusieurs rapaces tués au bord de la route et attaqués par leurs congénaires et même un grand daim, sans doute tué dans la nuit car il n’y a ni mouche ni odeur ni épervier tournoyant au dessus. On trinque nos gourdes car c’est la première fois que j’atteins 100 kms . Près de Fredericksburg, le Mobile home détache sa silhouette en haut d’une belle côte devant une antique construction baptisée « Top of the Hill » Elle a l’air abandonnée avec ses deux antiques pompes à essence. Nous ne résistons pas à faire les clowns et remplir nos gourdes avec le pistolet rouillé, puis l’on aperçoit une pancarte « ouvert » . Entrons ! La taverne est bourrée d’objets anciens, de plaques minéralogiques, de vieilles photographies témoignant d’anciennes bringues mémorables. Au bar les célèbres poignées en céramiques indiquant les marques locales. Justement le barman nous propose une bière pression faite ici : elle est délicieusement amère et rafraîchissante pour les deux assoiffés que nous sommes. J’ai couvert 114 kms aujourd’hui sans fatigue apparente. Cela fait du bien de retrouver la forme !
Frédericksburg est une charmante petite ville de style germanique avec un des plus beaux RV camps que nous ayons vu : 30 $ pour un tel luxe ça fait du bien comparé à d’autres mal tenus et tout aussi chers. Cette bourgade aligne des maisons en pierres de taille ce qui n’est pas fréquent aux USA, on y trouve également une quantité de boutiques « antique » où les habitants de Austin viennent chiner le week-end. Nous avons envoyé un mail à la fondation de Lance Armstrong qui est natif d’ici et son staff nous a répondu. On doit se voir demain dès notre arrivée. Il a ouvert une grande boutique de vélos dans la 4ème rue et nous allons y aller pour faire quelques réglages.

Vendredi 24 septembre de Fredericksburg à Austin

Jean-Michel parti assez tôt , nous allons le retrouver au Lyndon B Johnston mémorial - tout près de là où ce Mr a vécu - Ce n’est pas génial malgré une grosse collection de souvenirs . Le vent est tombé ce qui va faire du bien à la moyenne . Je vais déposer un peu plus loin Hervé pour ses 15 kms de sport. Ca monte et ça descend pas mal et je vais le récupérer assez fatigué il faut dire que c’est un gros fumeur et que les deux choses sont incompatibles, mais c’est déjà bien qu’il le fasse, comme çà il se rend compte de l’énorme effort que fait JM . J’ai repris à sa suite et je n’ai compté que quinze côtes avant d’arriver dans la banlieue d’Austin, les plus dures sont franchies à 20 de moyenne alors que les autres passent à près de 30 ! J’en fais la remarque à mon copain : est-ce le vent, le compteur qui déraille ou bien nous tenons la super forme ? On a demandé à Hervé de s’arrêter dans la première station service qu’il trouvera avant la ville et, malheureusement il va continuer car les faubourgs sont immenses et nous ne pouvons pas prendre les autoroutes. D’ailleurs, on se fait insulter par des automobilistes irrascibles. Nous sommes pourtant dans la ville de Lance Armstrong qui veut mettre le plus de gens possibles sur un vélo pour améliorer la circulation aussi bien autoroutière que sanguine ! Le message passe mal quoique une fois au centre ville nous voyons beaucoup plus de cyclistes qu’ailleurs. Heureusement que nous avions nos téléphones car le retrouver n’a pas été chose facile surtout que le centre ville était encor à plusieurs kilomètres. Nous nous rendons à la fondation et sommes gentiment reçu par un collaborateur qui nous fait visiter le bâtiment (photos) puis, , avec l’adresse en poche de son magasin nous filons pour effectuer quelques réparations. Accueil sympa et professionnel dans une immense boutique avec des prix conséquents. Notre Iron man va craquer pour une selle plus confortable et une boîte d’onguent miracle pour notre fessier endolori qui n’en peut plus ! Mais comment font les coureurs du Tour de France ? Si il n’y avait pas cette douleur lancinante et le vent de face, notre trip serait un vrai bonheur ! Pour une fois nous allons nous coucher avant minuit car , demain une étape de 260 kms attend Jean-Michel jusqu’à Houston. J’ai, néanmoins une pensée pour tous les gens qui vont au boulot à Tahiti et qui se tapent le train -train quotidien : embouteillages, bureau chiant, récupérer les gosses à l’école, faire le marché, la popote, bref, une journée qui disparait sans amener grand-chose d’excitant. Ici , chaque jour est rempli d’imprévus, d’aventures, de découvertes et si l’on peut vous faire vivre avec nous cette odyssée américaine par procuration et que vous y preniez un peu de rêves, alors , faites-le nous savoir car les mails d’encouragements et d’appréciations nous font très plaisir. Bonne nuit et à demain pour voir une autre facette de ce Texas où tout est plus grand plus beau plus tout qu’ailleurs. J’ai oublié de vous dire qu’Hervé a craqué dans le plus grand magasin de boots de l’état : Allen Boot’s store sur Congress avenue - Avec Jean-Michel ils se sont équipés de Stetson, de chemises de cow boy avec boutons en nacre et de superbes bottes en cuir travaillé ! De vrais texans quand ils sont rentrés dans le RV. En redescendant vers le capitole (en rénovation) le poste de radio a soudain prit feu. On s’est garé en catastrophe et j’ai demandé l’extincteur à mon copain. Pour le tester avant j’ai envoyé une giclée vers le tableau de bord qui s’est retrouvé sous une fine couche de poudre ocrée. Nous avons bien rigolé mais plus de musique ni de radio jusqu’à Miami ! Trop dur non ?
Jean Pierre Marquant