« De Colombus à El Paso »
8ème jour : 125 km (réalisés) – Départ 8h30 am
Cette journée avait été programmée en deux parties : 125 km pour rejoindre El Paso, puis visite des White Sand (au nord, après Las Cruzes) en milieu d’après-midi.
La matinée se sera déroulée dans un décor banal, semblable à celle vécue en fin de journée précédente. Par contre, l’animation va être faîte par l’armée américaine…
Quant à la visite, un moment unique au coucher de soleil : la nature dans toute sa splendeur. Suivez le guide !..
« Là où il y a une volonté, il y a un chemin"... C'est tout droit !!!! » (M.P)
SPECIAL DEDICACE
De Colombus à El Paso : pensées à Jeannine Shui et Alain Bardon - J.François et M.Claude Rannée
Parcours : Colombus – Santa Teresa – El Paso.
Préambule :
Avant de vous relater cette journée, j’apporte une petite précision : nous nous dirigeons vers l’Est et donc nous raccourcissons le temps ( ! ). Ainsi, en entrant au Nouveau Mexique, nous avons pris une heure de plus (4h de plus qu’à Tahiti). Cela signifie que nous avons eu une journée de… 23 heures ! Déjà que nos journées sont archi pleines…
Il m’est difficile d’avoir suffisamment de temps pour faire tout ce que j’avais souhaité faire. La journée démarre par un réveil entre 5h et 6h ; après douche et déjeuner, après le rangement du RV et la préparation du matériel (vélo, boissons, sacs, tenues, etc), je dois logiquement prendre la route entre 7h30 ou 8h30 maxi. Ensuite, je vais rester en moyenne entre 8h et 11h sur le vélo avec une petite coupure au milieu pour manger. Cela nous mène vers 18h30 à 19h30 (la nuit tombe vite vers 18h30). Ensuite, il faut se doucher, manger, travailler sur l’ordi pour vous relater tout ce que vous lisez, et ensuite seulement je peux essayer de m’endormir ! Il est souvent plus de minuit. Cela explique aussi pourquoi jusqu’à maintenant je n’ai pas pu chausser mes chaussures de running.
Il est vrai aussi qu’avec la présence forte du vent de face, je perds entre 5 à 10 km par heure ; ce qui signifie près de 60 km en moins que prévu chaque jour. J’envie les marins qui peuvent tirer des bords ! J’espère qu’il finira par tourner, sans quoi je vais regretter de ne pas avoir choisi un « Florida – Californie » !
Dimanche 19 septembre, 8h30 am.
Nous avons dormi dans un « RV camp » à la sortie nord de Colombus, tenu par une petite grand-mère qui nous a fait payer… 12 dollars ! Elle nous explique la situation tendue dans les parages : quatre américains ont été égorgés il y a moins d’une semaine par des dealers de drogue mexicains. Nous savions que la zone était dangereuse : nous en avons désormais la confirmation. Néanmoins, l’armée américaine semble avoir sorti les grands moyens. Nous en aurons confirmation toute la matinée de course.
Nous en avons profité pour faire une grande lessive. La température a baissé fortement la nuit depuis deux jours, si bien que nous dormons mieux.
Après un réveil habituel et tous les préparatifs, je décide d’utiliser mon vélo profilé « 596 tri » pour affronter le vent et boucler les 125 km qui me séparent de El Paso. A la sortie de Colombus, deux policiers me saluent, se demandant bien que va faire par là un gars ainsi accoutré ( ! ). Pendant ce temps, Jean Pierre et Hervé finissent de préparer le RV. Ils ont décidé de s’approcher de la frontière et d’essayer de la franchir pour une heure ou deux…
A nouveau des lignes droites interminables et des abords peu sympathiques (petits buissons). Au bout d’une demi-heure, je me fais doubler par un convoi entier de l’armée américaine (klaxon et signes amicaux pour m’encourager) : me voici rassuré. Je sais désormais que j’ai une garde rapprochée ! 3 autres convois, dont un avec hélicoptère, me doubleront durant mon trajet. Nous aurons même l’occasion de discuter avec eux en arrivant à Santa Teresa.
D’autres personnages vont venir égayer le décor : il s’agit d’un serpent noir et blanc de près d’un mètre, puis un autre de couleur verte, qui auront décidé de traverser la route. Quels peureux ! Ils n’auront même pas attendu que je les prenne en photo ! Puis, à nouveau, des panneaux indicateurs criblés d’ impacts de balles. Bonjour l’ambiance !
Mes deux compères ont dû rebrousser chemin : devant la frontière, on leur a bien fait comprendre que s’ils la franchissaient, ils seraient systématiquement fouillés, véhicule compris ; cela signifie beaucoup trop de retard par rapport à ma course. Ils prennent donc la direction d’El Paso et me rejoignent à environ 30 km de l’arrivée. Jean Pierre va à nouveau rouler avec moi. J’aurai tenu une bonne allure malgré ce maudit vent. Il est vrai que je savais qu’il n’y avait « que » 125 km.
A Santa Teresa, nous sommes dans l’état « New Mexico » alors que quelques kilomètres plus loin, à El Paso, nous entrons au « Texas ».
Visites :
Cette incursion sera courte, car nous prenons rapidement la direction de Las Cruzes, au nord, afin d’aller visiter les White Sand Dunes. Cette demi-journée de repos sera consacrée à deux visites : tout d’abord nous nous arrêtons au « White Sand Missiles Range », centre sous contrôle de l’armée américaine où sont entreposés plusieurs missiles ; il y a là un musée à ciel ouvert présentant l’évolution de leur différents engins depuis les années 60. Des essais expérimentaux ont souvent lieu sur ce terrain de 8.000 km2 ; les routes sont alors fermées durant une à deux heures.
Après quelques photos, nous reprenons la route pour rejoindre ce que nous sommes venus voir : les fameuses dunes de sable blanc et brillants. C ‘est ici que, semblables à de grandes vagues, les dunes de gypse ont engouffré 715 km2 de désert et ont ainsi créé une immensité de dunes de gypse, la plus étendue du monde. Ces dunes brillantes changent constamment : elles s’agrandissent, s’élèvent en cime puis s’abaissent, mais toujours en progressant. Des vents forts (je m’en suis rendu compte !) soulèvent les particules et les entrainent vers le nord-est. Même les animaux et les plantes ont du mal à survivre dans ce désert ; un petit nombre de plantes a néanmoins accompli des adaptations remarquables pour éviter d’être enseveli par ces sables mouvants. Ainsi, le Yucca allonge son tronc pour garder ses feuilles en dehors du sable…
Nous sommes restés deux heures afin de profiter du coucher de soleil et des magnifiques couleurs qu’il a engendré sur toute la région. Les photos parlent d’elles mêmes. J’en aurai profité pour faire quelques kilomètres à vélo : on se serait cru dans une station de ski.
La nuit arrivant, nous avons décidé de rejoindre tout à côté la ville de Alamogordo. Après analyse et point sur les étapes à venir, sur cette présence incessante du vent et surtout sur les dangers liés au trafic de drogue qui a repris vigueur, j’accepte la proposition de Jean Pierre qui propose de rejoindre le Texas par un chemin plus au nord que prévu. Cela imposera de franchir plusieurs chaines de montagne, mais n’est-ce pas aussi notre but que de découvrir toute sorte de paysages différents ?
Demain, nous tenterons de franchir les Alpes locales (Lincold National Forest) pour rejoindre Asteria puis Carlsbad. A suivre donc.
Ce dimanche soir, j’ai approché les 1.500 km…
A plus tard.
Jean Mi















Ia Orana... vous trois (avec retard, pardon),
RépondreSupprimerBravo... vélo... dodo... Quelle belle équipée !
Tout ça pour vous, pour nous...
pour une goutte d'eau dans l'océan !
Pour rien ou presque, mais que c'est beau !
Que vous êtes beaux... à nous sourire toujours.
Courage... L'exploit est proche, comme vous êtes proches dans nos pensées.
Bise, bise, bise... à vous trois.
Merci à JeanMi pour sa pensée du jour.
Jean-François et Marie-Claude R...