Présentation


5.000 km entre la Californie et la Floride
en vélo à travers 9 états américains.

Départ officieux : Santa Monica (Los Angeles) pour récupérer de l'eau du Pacifique dans une gourde...
Départ officiel : Death Valley (Vallée de la Mort - Californie), désert mythique
Arrivée : Miami Beach (Floride) sur l'Atlantique
Direction : par le Sud : Phoenix, El Paso, San Antonio, New Orleans...
Dates : du 10 septembre au 1er octobre 2010 (si tout va bien !)
Coureur - Cycliste : Jean Michel MONOT
Accompagnateurs : Jean Pierre MARQUANT, Hervé LE MEUR
Conseillère alimentation et soins (à distance !) : Hélène Sillinger

jeudi 23 septembre 2010

Étape 10 - Petrodollar…

« De Carlsbad (NM) to Fort Stockton (Texas) »
10ème jour : 265 km (réalisés !) – Départ 7h50 am
Une journée pleine encore, avec d’excellentes anecdotes, une bonne vitesse moyenne, des odeurs spéciales et plein de camions…
Nous quittons le Nouveau Mexique pour le Texas.

« Là où il y a une volonté, il y a un chemin"... C'est tout droit !!!! » (M.P)

SPECIAL DEDICACE
De Carlsbad à Fort Stockton : pensées à Gilles et Caroline Lansun – Toute la famille Perez avec Christian, Bella, Isabelle et Roberto, Stéphane et Marie-Océane, tous les enfants dont Vaiea et tous les autres ! – Keiruan Gobrait et ses parents.
Parcours : Carlsbad – Loving – Jal – Kermit – Monahans – Grandfalls – Fort Stockton

Avant de vous relater cette belle journée, je tiens à vous faire part d’un soutien à distance, certes futile par rapport à la situation, pour le jeune Keiruan Gobrait. Je viens d’apprendre, par un mail de la Fédération de triathlon, qu’il est atteint d’une maladie qui va obliger son évasan vers la métropole. Il a 14 ans. Il semble que tous les éléments ne soient rassemblés pour que ce voyage soit pris en compte par les différents acteurs médico-sociaux du Territoire. Une course aura donc lieu à Tahiti pour leur venir en aide. Je dédie donc aussi cette étape, entre le Nouveau Mexique et le Texas, à ce garçon pour qu’il ait la même énergie à lutter…

Mardi 21 septembre, 7h50 am.
Il y a des jours qui se suivent et qui ne se ressemblent pas. C’est d’ailleurs souvent le cas de ce trip au décor si varié. En effet, en ce 21 septembre, 1er jour d’automne, je m’engage sur un parcours plat depuis Carlsbad en direction de « plein Est » jusqu’à Jal pour ensuite bifurquer plein Sud pour atteindre soit Monahans, soit Fort Stockton.
Pour la première fois, le ciel est couvert qui donne une ambiance électrique. Je pars juste avant 8 heures ; mes deux collègues se préparent à aller visiter des Cavernes grandioses : les « Carlsbad Caverns » situées à côté de Whites City. La température est bonne mais légèrement fraiche avec un léger fond d’humidité. Je dois rejoindre la petite ville de « Loving » (sans doute pour les amoureux !) par une route champêtre qui me mène à travers champs et fermes. Au bout de ½ heure, je vais avoir à faire à plusieurs animaux : tout d’abord un chien en liberté qui ne comprend pas bien le français ( ! ), puis surtout un jeune taureau qui a décidé de m’accompagner durant 500 m, comme sur les images de France 2 lors du Tour de France… Mais c’est surtout un rapace qui a souhaité m’encourager : il va me suivre, une dizaine de mètre au dessus de moi, durant plus d’un kilomètre, sans doute intrigué par mon drôle de casque profilé qui doit lui rappeler (à l’envers) le bec de son père ou de sa mère !
A la sortie de Loving, je suis bloqué par ces fameux « Long Train » qui transportent toutes sortes de matériaux. Celui là fait plus d’un kilomètre de long ; je resterai ainsi 5 minutes à le regarder, telle une bonne vache texane !
C’est reparti pour une centaine de kilomètres vers Jal ; il s’agit d’un vrai billard, une grande route toute neuve qui va me permettre de rouler à une moyenne de 30 km/h durant les 4 premières heures. Le vent a enfin décidé de m’épargner (pas pour longtemps je vous rassure !) et souffle très léger par la gauche. Quel plaisir ! Malgré des lignes droites interminables, la route défile vite sous mes pneus. Sur les côtés, je commence à voir de plus en plus de derricks et ces espèces « d’oiseaux qui picorent » : les pompes à pétrole ! Nous sommes bien dans une grande région pétrolifère du Nouveau-Mexique, en limite avec celle du Texas. D’ailleurs, ce décor restera le même jusqu’à l’arrivée. Les odeurs de fuel brut remontent rapidement à mes narines ; il y a mieux quand on fait du sport, mais je vais devoir m’en contenter tout le reste de la journée. Je vais croiser de petites unités de transformation et aussi de grandes raffineries. Je m’aperçois qu’on y prélève également du gaz.
Sur ces lignes droites interminables, c’est la valse des énormes camions américains, ces trucks vrombissants et impressionnants : quand je les croise, un souffle vient me ralentir tandis que lorsqu’ils me doublent, je me sens pousser…
J’arrive à Jal dans un temps inestimé et donc avec un moral au top ! Ce sera une bonne journée. Au grand carrefour, je tourne à droite, en profite pour m’arrêter dans une station pour refaire le plein… en boissons, puis repars plein sud. Une dizaine de kilomètres plus loin, une grande pancarte m’explique que je quitte le Nouveau-Mexique (après deux jours et demi) pour entrer au Texas, pays des célèbres Ewings (Dallas), Georges Bush et surtout… Lance Amstrong ! A croire qu’ils me prennent pour lui avec mon vélo de supra-terrestre, car je reçois beaucoup plus de coups de klaxone d’encouragements que précédemment ! Une meilleure culture du vélo sans doute.
Par contre, le rythme va baisser. Mon copain « le vent du Sud » a décidé de me rappeler à son bon souvenir. Et voilà que le compteur perd tout d’abord 5 km/h, puis au bout d’une heure quasiment 10. Les 15 nœuds sont de retour. Voici maintenant 6 heures que je suis sur cette selle (qui tient aussi à me faire savoir qu’elle existe !). Jean-Pierre et Hervé me rejoignent alors après une formidable visite des cavernes (qu’ils vous raconteront plus tard). Ils vont essayer de rouler afin de m’aider psychologiquement, mais eux aussi vont subir les mêmes assauts et la même usure.
Mais cela ne fait rien. Cela aura été une belle journée dans l’ensemble car avant la tombée de la nuit, je parviens à rallier Fort Stockton après avoir couvert 265 km : record battu ! Là n’est pas l’essentiel, mais cela fait plaisir.
Nous partons à la recherche d’un RV Camp. Ce sera « Commanche RV » : il est vrai que la région est celle de nombreuses anciennes tribus indiennes (Commanches, Cheyennes, etc).
Et pas de wifi ce soir là ! Les mails ne partiront que demain.
Ce soir, j’ai approché les 2.000 km…
Bises à tous les Perez, mes Partenaires et Amis.
Courage Keiruan !
Bonne nuit.
Jean Mi






2 commentaires:

  1. Bonsoir à l'équipe.
    Je m'attarde sur la dernière photo d'une tablée au Texas. Inutile de planquer les étiquettes on a reconnu la Bud lol. Pour l'avoir vu aussi je sais que la bière est excellente pour les coureurs de fond même pendant les étapes de la Transgaule n'est ce pas ? Chapeau bas au leader sans oublier les collègues. Je m'enivre moi de la lecture du récit qui me rafraichit aussi bien que la mousse du breuvage. Encore, encore,et encore : je distingue les lumières de la plage de Miami , COURAGE
    François alias Pajon duke of strongrock -pour faire couleur locale

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  2. Après le père....le fils . je me regale tous les jours d'un nouvel épisode du feuilleton , nettement plus interessant que Santa Barbara ou les feux de l'amour....
    Merci pour ces récits et pour nous faire vivre par précuration (bien assis dans notre fauteuil de bureau , plus confortable que la selle) tes aventures passionnantes - Bon courage mon copain jean mi - Phil et la tribu

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