« De Fort Stockton à Eldorado (Texas) »
11ème jour : 260 km ( 239 réalisés !) – Départ 9h50 am
Une journée de transition sur une route vallonnée, où mes pensées ont surtout été vers Pauline, ma fille.
Des petits villages traversés sans grand intérêt et une arrivée dans la bourgade « Eldorado », plus sympa que ce qu’on imaginait.
« Là où il y a une volonté, il y a un chemin"... C'est tout droit !!!! » (M.P)
SPECIAL DEDICACE
De Fort Stockton à Eldorado : pensées à Patrick et Elisabeth Pons – Gilles Redon
Parcours : Fort Stockton (départ après la Highway) – Mc Camey – Rankin – Big Lake – Eldorado.
Mercredi 22 septembre.
La nuit dernière, je me suis endormi vers 1h du matin : j’ai en effet souhaité terminer les commentaires des deux dernières journées (c’est fait !). Le souci est que je ne captais pas de 3G ni wifi, malgré ce que nous avait annoncé le RV Camp. Bref, le matin, nous nous sommes levés un peu plus tard car la journée précédente, nous avions à nouveau perdu 1 heure (5h de décalage avec Tahiti) ; c’est dur d’avoir des vacances avec des jours qui font 23h !
Après la douche et le petit déjeuner, nous sommes partis avec le RV à la recherche d’un endroit où nous captions un réseau « free wifi ». J’ai eu 5 petites minutes possibles pour envoyer l’étape précédente, n°10. Nous prenons une photo devant l’énorme statue représentant le Roadrunner (le célèbre « bip bip » des dessins animés) qui habitent dans cette région. Ensuite, mes collègues ont dû emprunter, durant une vingtaine de kilomètres, la « Interstate 10 » (interdite aux vélos) pour m’amener sur la « 67 ». Ainsi, ce sera mon point de départ officiel.
Le vent souffle encore fort, mais vient de la droite. Il va donc moins me gêner que les autres jours, voire même m’aider. Effectivement, durant la 1ère heure et demi, je vais tenir une moyenne de 35 km/h (les spécialistes amateurs apprécieront). C’est grisant, mais le risque est de « se cramer ». Il me faut en effet tenter de couvrir 200 km. Je vais alors être plus raisonnable et baisser le tempo.
Durant une bonne partie de la journée, mes pensées vont aller à Pauline, ma fille aînée, ma petite chérie née un certain 22 septembre 1987 en Avignon. Elle est actuellement sur Darwin en Australie (de la graine d’aventurière elle aussi !) et doit terminer son périple de un an par la traversée du Centre… De nombreux souvenirs me reviennent à l’esprit : sa naissance bien sûr, sa si belle « frimousse », ses éclats de rire, sa bonne humeur, son caractère trempé, son indépendance, son envie de bien faire… Il est clair qu’un Père a les yeux de Chimène pour ses enfants ! Mais Pauline est une fille vraiment exceptionnelle. Je suis très « fier » d’elle (même si le mot n’est pas le mieux approprié). J’espère aller jusqu’au bout de mon périple pour que, elle aussi, ressente comme ses deux sœurs cette nécessité de se dépasser pour franchir des étapes dans la vie. Elle l’a déjà bien compris et mène la sienne parfaitement bien. Je pense également à sa Maman Virginie et ses deux sœurs Maeva et Alizée. Quelle chance, quel bonheur j’ai d’avoir cette famille là ! Elles me suivent et m’encouragent tout le temps ; c’est formidable. Elles sont mes racines, ma force…
Voilà un peu comment s’est déroulé cette journée, car pour le reste rien de vraiment intéressant sinon que nous avons vu beaucoup de camions transportant le gaz ou le pétrole, et beaucoup d’animaux morts sur le bord de la route : ainsi, un raton-laveur, un vautour et même un « oslo », ce chat sauvage d’Amérique du Nord, que Jean-Pierre ne manquera pas d’aller dire bonjour (voir photo) !
Le vent est toujours aussi capricieux. Jean-Pierre viendra me donner un sérieux coup de main, durant plus de 40 km, durant un moment où une grande envie de dormir m’envahissait. Il a pu me relayer durant plus d’une heure et demi. Après un déjeuner rapide pris vers 15h, la forme est revenue et j’ai pu terminer mes 9 heures de boulot ( ! ) à Eldorado après 239 km. N’est-ce pas une belle coïncidence ? Pauline a 23 ans et est née en septembre (9)…
Je te dédie aussi ma chérie le passage de mon « 2.000 ème km ». Ce soir, j’en suis effectivement à 2.180.
Je vais me coucher plus tôt (23h30) car il me faut récupérer. Bonne nuit. A demain.
Jean Mi
Commentaires de Jean Pierre :
DE ALMOGORO A CARLSBAD CAVERNS
Dans cette ville, en se renseignant auprès d’une station service nous avons atterrit au Road Runner RV camp qui est fermé mais l’on peut s’accrocher à la borne électrique. Vite, une bonne douche chaude, corvée de cuisine et au lit vers minuit. On paye 32 $ pour le service et le lendemain, même si l’on est debout à 6 heures, le temps de se préparer, d’avaler un copieux petit déjeuner, de trouver un endroit pour envoyer tous nos messages et se mettre sur la bonne route, il est 9 H30. Je démarre avec JM pour grimper un joli col de 27 kms jusqu’à Cloudcroft à 2700 mètres d’altitude .Passage flippant dans un tunnel où les camions nous tétanisent dans un bruit d’enfer en nous rasant
JM m’a mit 45 minutes et s’est payé une superbe descente à travers des paysages alpins. La selle me fait tellement mal que j’ai été obligé de descendre du vélo pour activer d’autres muscles. Dans la descente j’ai eu la bonne idée de mettre du papier journal sur la poitrine car il faisait frisquet là haut, c’est très efficace. Le maudit vent de face est de retour dans les 25 km/h c’est usant et démoralisant. On dépasse la ville de Carlsbad pour aller sur Whites city du nom du découvreur de ces gigantesques grottes en 1923.
Nous trouvons un emplacement pour la nuit avec un bonhomme qui nous prend 30 $ pour le hook up et 30 autres pour une prise spéciale non fournie par le loueur - il faut savoir que les prises ne sont pas les mêmes partout !
Il fait très frais ce soir et le ciel est bien chargé. Allons nous avoir notre première pluie ?
Mardi 22
Pendant que Jean-Michel se prépare et part pour sa longue journée, nous avons décidé d’aller visiter les plus grandes grottes des USA. 10 kms de montée nous amène devant une construction moderne. L’entrée n’est qu’à 6 $, petit speech de notre guide avant de s’engouffrer dans un ascenseur qui va plonger de 75 étages . Le parcours est libre et peut durer plusieurs heures .On fonce vers le « big room » qui est absolument gigantesque : 78 mètres de haut plusieurs centaines de mètres de longueur, la grotte à été explorée sur près de 50 kilomètres de passages et de chambres, il y a des stalagmites de 2 0 mètres de haut, la passerelle saute au dessus de véritables gouffres - on reste abasourdi par la beauté de toutes ces draperies ,ces cônes, ces aiguilles façonnés par des milliards de gouttes d’eau tombant de la voûte depuis plus de cinq cent mille ans. Il y a des petites mares d’eau cristalline sans vie animale. Par contre, le soir vers 18 heures, du printemps à début octobre, on peut assister à la sortie de 400.000 chauve-souris qui vont se gaver d’insectes à la tombée de la nuit- elles peuvent grâce à leur système d’écho location avaler la moitié de leur poids en une seule nuit. Au petit matin, elles retournent vers l’entrée de la grotte en prenant de l’altitude, et repliant leurs ailes ,plongent dans le noir en émettant un étrange sifflement.
Bon, ce n’est pas tout mais il faut retrouver notre road runner qui doit être bien 90 kilomètres d’ici, vers Jal ( non ce n’est pas la Japan Air Lines) et peut-être Cheyenne à l’entrée du Texas. On va faire un stop déjeuner à Kermit sans sa grenouille et JM repart dans un vent de plus en plus violent. C’est un véritable exploit qu’il nous a fait aujourd’hui en couvrant 260 kilomètres jusqu’à Fort Stockton où nous allons atterrir dans un motel crasseux. Pour se remonter le moral J.M. nous invite dans un resto mexicain sympa où il faut amener son alcool. Pas de soucis : bières, vin rouge et blanc sont dans le RV.
Jean Pierre Marquant













Salut JMI, c'est Bourgui. j'espère que tu t'éclates dans ton trip. Apparemment tout va bien; on pense fort à toi. Bise
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