Présentation


5.000 km entre la Californie et la Floride
en vélo à travers 9 états américains.

Départ officieux : Santa Monica (Los Angeles) pour récupérer de l'eau du Pacifique dans une gourde...
Départ officiel : Death Valley (Vallée de la Mort - Californie), désert mythique
Arrivée : Miami Beach (Floride) sur l'Atlantique
Direction : par le Sud : Phoenix, El Paso, San Antonio, New Orleans...
Dates : du 10 septembre au 1er octobre 2010 (si tout va bien !)
Coureur - Cycliste : Jean Michel MONOT
Accompagnateurs : Jean Pierre MARQUANT, Hervé LE MEUR
Conseillère alimentation et soins (à distance !) : Hélène Sillinger

dimanche 26 septembre 2010

Étape 13 - Sur la route de Austin : Power !

« De Fredericksburg à Austin (Texas) »
13ème jour : 125 km prévus (125 réalisés !) – Départ 8h30 am
On espérait voir Lance Amstrong ou Georges Bush (encore que… !) et on a vu sa Fondation et son magasin de cycle.
Petite étape, mais bonne moyenne.
Trop de voitures ; vivement la campagne !

« En compétition, il y a toujours un premier et un dernier, mais l'important est de ne pas être le second de soi-même » (Luis Fernandez)

SPECIAL DEDICACE
De Fredericksburg à Austin : pensées à tous les autres membres de ma famille bretonne : Nini, Christian, Catherine et Benoit Laborde – Cécile et Yvon Leborgne – Jacky et Pierre-Yves Potin et bien sûr leurs conjoints et enfants.
Pensées aussi à mes amis Thierry Bourguignon et Agnès son épouse. Thierry a participé à 7 Tours de France et a eu une carrière cycliste très pleine.
Parcours : Fredericksburg – Johnson City - Austin (125 km).

Vendredi 24 septembre.
Réveil à 6h. Douche chaude et petit déjeuner complet. Les jambes sont « correctes » ; juste un petit bobo à la cuisse gauche dû à plusieurs déchaussage de ma chaussure avec choc sur guidon (les habitués comprendront !).
J’attaque la journée, seul, et sort de la bourgade allemande Fredericksburg en direction de la capitale Austin. Le temps est à nouveau couvert, mais la température est bonne (environ 22°) pour faire du vélo. Au bout d’une quinzaine de kilomètres je trouve plusieurs champs de vignes et des entrées de fermes. Les vignobles semblent petits par rapport à ce que l’on est habitué de voir aux Etats Unis. J’en verrai maximum une dizaine. On nous avait annoncé cette route comme celle de « route des vins ». On restera sur notre faim… ou plutôt notre soif ! Je me contenterai donc de mon jus de citron vert et de mon Mineral Drink.
Concernant le revêtement, j’ai oublié de vous dire que depuis que nous sommes entrés au Texas, je et nous subissons de véritables agressions de la part de la route ! En effet, sur leur couche de bitume, ils rajoutent de gros gravillons, à paine tassés. Certes c’est abrasif pour les pneus de voiture… Mais pour ceux de nos vélos, c’est un véritable tapis ondulé : massage gratis ! Le problème est qu’au bout de plusieurs heures, nos fessiers crient « ça suffit » (même Hervé Le Meur vous le confirmera lui aussi après seulement 20 km). Alors depuis trois jours, je joue la « danseuse » tous les kilomètres afin de soulager quelques secondes ce qui peut et dorénavant doit l’être.
Plusieurs collègues m’ont donné des conseils comme l’utilisation de crème (Cetavlon, etc). Rien n’y fait. Juste le Tamacalm (à base de Tamanu polynésien), fabriqué par mon ami Gérard Brigant, vient me soulager quelques minutes. Si vous avez des solutions, je suis preneur !!! Mon ami Thierry (Bourguignon) : SOS ! En conclusion, sur les problèmes de revêtement, j’espère vraiment que les routes de Louisiane seront plus « douces ».
Le parcours de cette 13ème journée est encore plus vallonné que la veille ; de belles descentes et donc de superbes montées, mais le vent très faible pousse du bon côté. Au 50ème km, Hervé va faire une quinzaine de kilomètre tandis que Jean-Pierre m’accompagnera à compter du 70ème jusqu’à l’arrivée à Austin. La circulation n’a rien à voir avec hier : beaucoup plus de véhicules, et surtout à partir de 20 km d’Austin, beaucoup plus d’agressivité. Les voitures nous frôlent ; on a même droit à des coups de klaxone, non pas d’encouragement, mais de « pousse toi de là que je m’y mette » ! Ah ! Ces gens des grandes villes… Soyez zen, faîtes du vélo !
Je vais faire une très bonne moyenne, mais à l’entrée de la ville, les routes se divisent en deux, puis en quatre… Avec Jean-Pierre, nous nous faufilons entre les voitures bloquées par les feux rouges. Mais où est donc passé Hervé avec son RV ? Allons nous nous retrouver dans cette mégapole ?... Il nous faudra une bonne ½ heure pour faire la jonction.
Ensuite, nous allons mettre notre GPS en route (On l’a surnommé « Juliette ») qui va nous mener jusque dans la 6ème rue (Est) à la Fondation de Lance Amstrong le septuple vainqueur du Tour de France. Malheureusement, il n’est pas présent (il vit à Austin mais est souvent en déplacement) ; C’est Robert Ramos qui nous fera visiter le Centre reprenant les messages forts qu’a voulu faire passer le champion au travers de différents artistes (peintures, sculptures, photos, maillots, etc…). Il nous indique l’adresse du magasin de cycle qu’Amstrong met en avant : nous nous y rendrons pour faire régler nos vélos car après plus de 2.500 km et des vibrations à n’en plus finir, il est raisonnable et nécessaire de faire un contrôle complet. D’ailleurs j’en sortirai satisfait, ayant acheté par la même occasion une selle plus lourde mais plus moelleuse ( ! ). Demain, je teste.
L’après-midi ayant fondu comme neige au soleil, il est trop tard pour reprendre la route. Nous décidons donc de rester sur Austin ce soir ; nous allons en profiter pour aller faire des emplettes dans le célèbre magasin de cow-boys « Allens Boots ». Nous sommes parés pour la prochaine soirée costumée !
Bonne nuit.
Jean Mi








Les commentaires de Jean-Pierre :
DE FORT STOCKTON A FREDERICKSBURG

Donc, à Fort Stockton dont la seule caractéristique est la statue immortalisée du célèbre road runner d’environ 3 mètres de haut sur plus de 6 de long, les serveuses du restaurant mexicain nous ont bien déconseillé la route du sud qui mène à Langtry : rien pendant 200 kilomètres, rien dans ce bled perdu puis encore le néant jusqu’à Del Rio - de plus c’est dangereux puisque l’on flirte de nouveau avec la frontière mexicaine et fort vent de face assuré ! Donc à la majorité des voix nous allons encore devoir changer d’itinéraire. Ce sera du plein est avec quelques kms sur la i10 puis la 67 vers Rankin plus au nord jusqu’à Big Lake. JM va se régaler et avaler 240 bornes! Pour ma part, après avoir bu de la bière, du vin rouge, du blanc et fini la soirée sur un coup de Glenfiddich (une folie) je dois me remettre en forme et roule avec lui sur une soixantaine de kms.
Eldorado et son camping le plus minable de tout le lot (juste un poteau pour se brancher sur un terrain vague sans aucune commodité) mais quand même bien content de le trouver même si la grand-mère nous soulage de 20 $ !
Jeudi 24 septembre
Départ sous un ciel couvert, frais avec quelques gouttes de pluie et toujours ce vent violent qui ne s’arrête jamais ni la nuit ni le jour. Je me joins à JM à la sortie de Menard (c’est bien français ce nom!) toujours plein “est” jusqu’à Mason. Le paysage change complètement : pâturages d’un vert incroyable, arbres sous lesquels s’abrite un cheptel bovin bien en chair, ranches aux portes imposantes (munies toutes d’un digicode) et même deux belles rivières dont la llano qui nous ont fortement tentées…mais la moyenne doit être tenue ! Le revêtement est très agressif c’est d’autant plus incompréhensif que nous sommes dans le pays de l’or noir : ils auraient pu mettre un peu plus de goudron dans leur revêtement, bon sang et puis il y a cette succession de côtes et de descentes à perte de vue mais cela ne nous dérange pas trop, nous allons en grimper une quarantaine avec un vent de côté qui nous fait guidonner sous ses violentes rafales. On craint fort qu’arrivés à Mason la route repartant plein sud on soit encore une fois sujet à ce terrible vent de face. Après 60 kms nous avons le plaisir de voir le RV stationné juste avant cette petite ville. Le déjeuner est servi ! Merci Hervé. Juste à côté une boutique d’antiquités et rendez-vous des chasseurs nous invite à y pénétrer. C’est, encore une fois le paradis des chineurs de tout poils, Grand nombres d’animaux empaillés, guns de toutes sortes, objets datant des années 20 et même de belles peaux de rattle snake dont Hervé en fait l’acquisition.
Le vent nous laisse un peu tranquilles et au fil des kilomètres, nous nous arrêtons pour soit prendre une belle tortue en photo, voir plusieurs rapaces tués au bord de la route et attaqués par leurs congénaires et même un grand daim, sans doute tué dans la nuit car il n’y a ni mouche ni odeur ni épervier tournoyant au dessus. On trinque nos gourdes car c’est la première fois que j’atteins 100 kms . Près de Fredericksburg, le Mobile home détache sa silhouette en haut d’une belle côte devant une antique construction baptisée « Top of the Hill » Elle a l’air abandonnée avec ses deux antiques pompes à essence. Nous ne résistons pas à faire les clowns et remplir nos gourdes avec le pistolet rouillé, puis l’on aperçoit une pancarte « ouvert » . Entrons ! La taverne est bourrée d’objets anciens, de plaques minéralogiques, de vieilles photographies témoignant d’anciennes bringues mémorables. Au bar les célèbres poignées en céramiques indiquant les marques locales. Justement le barman nous propose une bière pression faite ici : elle est délicieusement amère et rafraîchissante pour les deux assoiffés que nous sommes. J’ai couvert 114 kms aujourd’hui sans fatigue apparente. Cela fait du bien de retrouver la forme !
Frédericksburg est une charmante petite ville de style germanique avec un des plus beaux RV camps que nous ayons vu : 30 $ pour un tel luxe ça fait du bien comparé à d’autres mal tenus et tout aussi chers. Cette bourgade aligne des maisons en pierres de taille ce qui n’est pas fréquent aux USA, on y trouve également une quantité de boutiques « antique » où les habitants de Austin viennent chiner le week-end. Nous avons envoyé un mail à la fondation de Lance Armstrong qui est natif d’ici et son staff nous a répondu. On doit se voir demain dès notre arrivée. Il a ouvert une grande boutique de vélos dans la 4ème rue et nous allons y aller pour faire quelques réglages.

Vendredi 24 septembre de Fredericksburg à Austin

Jean-Michel parti assez tôt , nous allons le retrouver au Lyndon B Johnston mémorial - tout près de là où ce Mr a vécu - Ce n’est pas génial malgré une grosse collection de souvenirs . Le vent est tombé ce qui va faire du bien à la moyenne . Je vais déposer un peu plus loin Hervé pour ses 15 kms de sport. Ca monte et ça descend pas mal et je vais le récupérer assez fatigué il faut dire que c’est un gros fumeur et que les deux choses sont incompatibles, mais c’est déjà bien qu’il le fasse, comme çà il se rend compte de l’énorme effort que fait JM . J’ai repris à sa suite et je n’ai compté que quinze côtes avant d’arriver dans la banlieue d’Austin, les plus dures sont franchies à 20 de moyenne alors que les autres passent à près de 30 ! J’en fais la remarque à mon copain : est-ce le vent, le compteur qui déraille ou bien nous tenons la super forme ? On a demandé à Hervé de s’arrêter dans la première station service qu’il trouvera avant la ville et, malheureusement il va continuer car les faubourgs sont immenses et nous ne pouvons pas prendre les autoroutes. D’ailleurs, on se fait insulter par des automobilistes irrascibles. Nous sommes pourtant dans la ville de Lance Armstrong qui veut mettre le plus de gens possibles sur un vélo pour améliorer la circulation aussi bien autoroutière que sanguine ! Le message passe mal quoique une fois au centre ville nous voyons beaucoup plus de cyclistes qu’ailleurs. Heureusement que nous avions nos téléphones car le retrouver n’a pas été chose facile surtout que le centre ville était encor à plusieurs kilomètres. Nous nous rendons à la fondation et sommes gentiment reçu par un collaborateur qui nous fait visiter le bâtiment (photos) puis, , avec l’adresse en poche de son magasin nous filons pour effectuer quelques réparations. Accueil sympa et professionnel dans une immense boutique avec des prix conséquents. Notre Iron man va craquer pour une selle plus confortable et une boîte d’onguent miracle pour notre fessier endolori qui n’en peut plus ! Mais comment font les coureurs du Tour de France ? Si il n’y avait pas cette douleur lancinante et le vent de face, notre trip serait un vrai bonheur ! Pour une fois nous allons nous coucher avant minuit car , demain une étape de 260 kms attend Jean-Michel jusqu’à Houston. J’ai, néanmoins une pensée pour tous les gens qui vont au boulot à Tahiti et qui se tapent le train -train quotidien : embouteillages, bureau chiant, récupérer les gosses à l’école, faire le marché, la popote, bref, une journée qui disparait sans amener grand-chose d’excitant. Ici , chaque jour est rempli d’imprévus, d’aventures, de découvertes et si l’on peut vous faire vivre avec nous cette odyssée américaine par procuration et que vous y preniez un peu de rêves, alors , faites-le nous savoir car les mails d’encouragements et d’appréciations nous font très plaisir. Bonne nuit et à demain pour voir une autre facette de ce Texas où tout est plus grand plus beau plus tout qu’ailleurs. J’ai oublié de vous dire qu’Hervé a craqué dans le plus grand magasin de boots de l’état : Allen Boot’s store sur Congress avenue - Avec Jean-Michel ils se sont équipés de Stetson, de chemises de cow boy avec boutons en nacre et de superbes bottes en cuir travaillé ! De vrais texans quand ils sont rentrés dans le RV. En redescendant vers le capitole (en rénovation) le poste de radio a soudain prit feu. On s’est garé en catastrophe et j’ai demandé l’extincteur à mon copain. Pour le tester avant j’ai envoyé une giclée vers le tableau de bord qui s’est retrouvé sous une fine couche de poudre ocrée. Nous avons bien rigolé mais plus de musique ni de radio jusqu’à Miami ! Trop dur non ?
Jean Pierre Marquant

1 commentaire:

  1. jean-michel,Inutile de te dire que chaque jour nous te suivons avec beaucoup d'attention et prenons part à toutes tes joies de réussite de chaque étape(performances sportives , paysages ,imprevisions sur le parcours , etc ....) mais aussi aux douleurs endurées par le fessier de mon petit fils . J'espère qu'avec ta nouvelle selle , tu souffriras moins. Nous t'envoyons tout notre fluide afin de t'encourager _ si cela était nécessaire _ pour terminer en beauté cet exploit . Plus qu'une petite semaine en principe , et tu pourras nous raconter cette extraordinaire épopée. Mercredi 29 /09 c'est la St Michel , aussi nous te souhaitons de bien fêter ce jour avec tes amis ( attention pas d'abus !) tu peux être certain que ta mamie et tes cousins sont fiers de toi ; notre famille est vraiment formidable ! Avec nos plus tendres bisous MAMIE

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